CONCERTORAMA

La musique se vit. Live.

édition JSM#11 . 30.06.18.


La musique s’écoute, la musique se voit, la musique se vit. Live. Quand les artistes entrent dans la lumière, ils sont face à nous, ils offrent leurs chansons et les font voyager avec nous. CONCERTORAMA, c’est un panorama non exhaustif des concerts du mois, de ces espaces temps où la musique, l’artiste et les fans ne font plus qu’un, dans une fulgurance d’émotions et d’instants suspendus et exaltés.

Ce mois-ci, deux révérences : celle de Julien Doré ému lors de sa dernière à l’Olympia, celle de Alcaline qui accueillait pour son avant dernier rendez-vous Juliette Armanet en concert de la deuxième chance (cf. notre article épique sur Alcaline 1 en février dernier) , mais aussi deux voyages dans le temps : Arnold Turboust pour les années Pop et Les Parisiennes pour les années Yéyé. Enfin, le charme de Pomme et un secret bien gardé, Benjamin Biolay et Melvil Poupaud… 


30 juin 2018 aux Folies Bergère,

BENJAMIN BIOLAY & MELVIL POUPAUD : SONGBOOK#2

Cette date-là était l’une des plus attendues de cette année musique, déjà si riche en concerts, en découvertes, en révélations, en jolies choses. Nous avons l’habitude de partager avec vous ces émotions live extrême, nos souvenirs, nos impressions, de vous faire vivre ces rencontres entre un artiste et son public comme si vous y étiez. Nous avons vu le spectacle de Benjamin Biolay et Melvil Poupaud et nous avons décidé que nous ne vous le raconterons pas ici , en tout cas, pas tout de suite. Nous n’avons pas aimé ? Bien sur que si, nous avons même adoré ! Et cela tient aussi à l’effet de surprise. Pour cette raison, nous souhaitons la ménager cette surprise, tant cette succession de chansons est un enchantement et mérite de se découvrir sans rien en savoir, comme la toile blanche d’un cinéma pleine de promesses et de belles images. C’est l’une des grandes émotions de l’année. Il y a les chansons de Benjamin et tant d’autres jolies choses encore. On ne vous en dira pas plus. On ne vous offrira qu’un cliché de cette première des trois soirées de ce week-end pour vous mettre l’eau à la bouche…

Gregory Guyot.

BENJAMAIN BIOLAY & MELVIL POUPAUD 180629 par Gregory Guyot JSM Je Suis (5)

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Crédit photo: Gregory Guyot (D.R./ @I_am_Gregg / JSM)

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23 juin 2018 à l’Olympia,

JULIEN DORE

 

Depuis le début de l’aventure JeSuisMusique, Julien Doré tient une place à part pour nou. On en a beaucoup parlé, depuis ce choix de faire de lui notre première couverture avec un cliché de son photographe Goledzinowski pris dans les coulisses de sa tournée apothéose « & », tant il représente pour nous cette ambition de casser les cloisons générationnelles, comme celles des goûts, des choix, ralliant les moins de 7 aux plus de 77 ans. Parce qu’il nous semble qu’il est l’un des artistes qui font l’histoire de la musique et qui marqueront leur temps, il est au sommaire de presque tous nos numéros. Le mois dernier, nous avions déjà chroniqué l’une des dates de sa tournée « Vous & Moi », spectacle acoustique. C’était le 13 mai dernier à l’Olympia.

Alors aujourd’hui, pourquoi revenir sur une tournée des salles qui, à l’heure où l’on écrit ces lignes, est terminée ? Parce qu’après 41 dates, chacune singulière , la 42è et dernière date de la tournée officielle avait quelque chose de particulier, de presque historique, dramatique, intense et émouvant. Au terme d’une setlist ce soir encore modulée , où il a par exemple osé une version très personnelle de « City of Stars », hymne de « La La Land », il a annoncé qu’il ne reviendrait pas, sauf s’il avait des choses à nous dire. Même s’il l’avait déjà annoncé, cette révélation en direct sur la scène de l’Olympia abasourdit la salle et il faut un temps au public pour mesurer les mots Julien Doré. Visiblement ému, partagé entre l’envie de profiter de chaque main qui l’applaudit, de chaque sourire, de chaque élan d’amour et celle de partir vite, essuyer en cachette des larmes jusqu’ici retenues, Julien Doré semble connaître la portée de ces dernières minutes.

On ne sait pas vraiment si c’est calculé pour impacter le temps ou pas, et même si julien Doré n’a jamais lésiné sur les remerciements, sur les élans vers son public et sur ses émotions face à tant d’amour, ce moment-là restera à part, unique et rare et fait déjà partie de ceux qui marquent l’histoire de la musique. Un adieu, un au revoir, une claque de fin… avant d’en finir avec 8 festivals cet été.

Gregory Guyot.

JSM 11 Je Suis Musique JULIEN DORE OLYMPA NB par Gregory Guyot

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Crédit photo: Gregory Guyot (D.R./ @I_am_Gregg / JSM)

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Setlist du 23 juin 2018: Les bords de mer / Le lac / Bergman / Panda Roux Panda Gris / Moonlight Serenade / Mon apache / City of Stars (de « La La Land ») / Chou Wasabi / Can’t take my eyes off you / Cet Air là / Glenn Close / Kiss me forever / Magnolia / Eden / Femme like you / Freaky new child / Coco Câline / Aline / Sublime et silence / Porto Vecchio / rappel : Corbeau Blanc / Paris Seychelles.


20 juin 2018 à la Cigale,

POMME

Pomme arrive sur scène sur la pointe des pieds, petite discrète et grande timide, c’est pourtant comme une star que l’accueille le public de la Cigale, qui lui voue déjà une grande fidélité, sans doute charmé par cette voix empruntée aux plus grandes, on pense à Marie Laforêt souvent dans ses vocalises et cette manière d’embrasser le monde d’une seule voix, à Dolly Parton aussi dans ses intonations.

Pendant un peu plus d’une heure, Pomme déroule en douceur son très bel album démarrant son concert avec un instrumental suivi de « A peu près » titre de l’album qui l’ouvre magnifiquement, reproduit ici à la perfection.

La scène scintille comme ses yeux qui semblent accrocher chaque regard, embrasée soudain, tamisée souvent, Pomme est seule en scène puis avec un quatuor, puis avec Ben Mazué pour une version totalement retravaillée par lui des « Gens qui doutent » d’Anne Sylvestre, qu’avait déjà reprise Vincent Delerm en 2007 avec Albin de La Simone et Jeanne Cherhal et que l’on a pu entendre dernièrement dans le film de Christophe Honoré « Plaire, aimer et courir vite ». C’est surprenant et beau.

Et puis Pomme repart comme elle est venue, aimée.

Gregory Guyot.

crédit photos : Delphine Champion (D.D./ JSM)

Setlist : A peu près / La gare / Ce garçon est une ville / Pauline / De la haut / De quoi te plaire / Les Séquoias / Adieu mon homme / Sans toi / On brûlera / Ceux qui rêvent / rappel : Les gens qui doutent (avec Ben Mazué) / la lavande / Rappel 2: chanson.


13 juin 2018 au Café de la Danse,

ARNOLD TURBOUST

 

« Qui c’est ce type ? » dit-il de lui même… Impossible de résumer une carrière aussi discrète qu’imposante tant Arnold Turboust est l’une des références de le French Pop. Ancien membre de l’iconique groupe Marquis de Sade, il est l’un des pionniers avec Etienne Daho du renouveau de la chanson française, signant avec et pour lui dès 1983, une longue série de tubes dont les premiers, du « Grand Sommeil » à « Tombé pour la France » jusqu’à l’album « Eden » en 1996.  Homme de studio plus que de scène, il travaille pour Brigitte Fontaine ou Sylvie Vartan, entre autres. C’est aussi un chanteur, et plus particulièrement celui d’un des plus gros tubes des années 80 : « Adélaïde » (1986) avec la participation de Zabou dont la carrière allait ensuite prendre son envol au cinéma. Un tube que personne n’a oublié.

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C’est dire si cet homme timide, humble et qui donne l’impression de déranger, plutôt enfermé dans les studios d’enregistrement, réussit à créer l’événement sur la scène du Café de la Danse face à un public marqué par une certaine nostalgie, mais aussi par l’empreinte de cet homme dont l’oeuvre transcende une allure effacée mais qui nous fait entrer pourtant dans son univers et son monde durant cette soirée d’un autre temps, presque d’une autre vie, invitant autour de lui le bel éventail d’une certaine idée de la Pop pour parcourir avec lui une carrière insoupçonnée : Bertrand Burgalat, le dandy antidaté qui semble toujours sortir d’un film d’Henri Verneuil chante avec lui « Mes amis et moi ». Barbara Carlotti, la sirène Pop moderne qui a aussi assuré sa première partie (« Je l’aime depuis que j’ai douze ans » dit-elle au public présent avec le sourire d’une jeune fille en fleur) offre l’un des plus beaux moments du concert avec « Mon bel oiseau ». Zabou Breitman, son éternelle Adélaïde pour « LE » duo très attendu en rappel. Alain Chamfort, le discret pionnier respecté pour le titre  » A la frontière de ton beau pays ».

Entre partage de souvenirs, caché derrière son piano électronique où il cite Jean Claude Bourret avant d’entamer son second plus grand succès « Les envahisseurs » et l’alchimie attendrissante entre lui et ses invités, Arnold Turboust traverse avec nous plus de 35 ans de chansons Pop, souvent oubliées, non sans cet humour qui signe son humilité lorsqu’il dit en parlant de lui, répétant encore : « Comment il s’appelle déjà ce type? A….. » en semblant s’étonner lui -même d’être là. « Je suis émerveillé de vous voir » avoue-t-il enfin les yeux pétillants grands ouverts.

Ce voyage temporel finit en apothéose sur une reprise chorale de « Epaule Tatoo » qu’il avait écrite avec Etienne Daho, chanson incontournable de la carrière de ce grand absent de la soirée (en tournée avec son « Blitz Tour », excusé donc) et que le public a volontiers repris en cœur.

Gregory Guyot.

ARNOLD TURBOUST Chafort Carlotti Burgalat Zabou 180613 par Gregory Guyot JSM Je Suis Musique (13)

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Crédit photo: Gregory Guyot (D.R./ @I_am_Gregg / JSM)

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Setlist : Quelques notions de géométrie plus tard / Le prix de mon silence / En rêve / Mes amis et moi (avec Bertrand Burgalat) / Téléphonez-moi / Vol-au-dessus / Les histoires / Bubble Gum / Souffler n’est pas jouer / Mon bel oiseau (avec Barbara Carlotti) / Au large de Miami / Varouna / Les envahisseurs / Tout est dans le flou / King size / Adelaide (avec Zabou Breitman) / rappel : A la frontière de ton beau pays (avec Alain Chamfort) / Epaule tattoo.


27 mai 2018 aux Folies Bergère

LES PARISIENNES

 

C’est un spectacle hors du temps qui s’est installé en mai dernier aux Folies Bergère, et en dehors de toutes les modes : les Parisiennes, groupe culte de 4 filles qui a réellement existé dans les 60’s, et qui renaissent une deuxième fois en 2018 grâce à Laurent Ruquier.

LES PARISIENNES 180527 par Gregory Guyot JSM Je Suis Musique (4)

Ces parisiennes ne le sont que de nom, puisque ce quatuor de charme est un mélange de nationalités : Inna Modja, Héléna Noguerra, Mareva Galanter et Arielle Dombasle, grand écart artistique entre ces 4 femmes que tout oppose ou presque sur le papier, sauf  la bonne humeur et l’envie de divertir très communicative.

LES PARISIENNES 180527 par Gregory Guyot JSM Je Suis Musique (9)

Ainsi s’enchaîne une collection de chansons oubliées, ponctuées d’interventions d’une speakerine un peu flippée incarnée sur grand écran par la chanteuse Anaïs, drôle à souhait, des tubes désuets en forme de punch line permanente de la vie quotidienne, qui rendent le propos plus subversif qu’il n’y parait : « Il fait trop beau pour travailler », « l’argent ne fait pas le bonheur », « il va falloir se mettre au régime », « la salade ça donne envie de danser », « On fait peur aux garçons », etc.

LES PARISIENNES 180527 par Gregory Guyot JSM Je Suis Musique (7)

Un régal textuel mis en scène par Stéphane Jarny qui a crée des tableaux rayonnants et très colorés : une voiture sur les routes de St Tropez, une prison, une boutique, un appartement cosy, un cabaret sexy où les dames évoluent en chorale au milieu d’hommes porte manteaux, faire valoirs ultra sexys de ces 4 générations de femmes qui le sont tout autant.

LES PARISIENNES 180527 par Gregory Guyot JSM Je Suis Musique (8)

On regrette parfois que chacune n’ai pas de vrai moment pour elle pour se mettre en valeur et elles restent au service d’un des groupes les plus singuliers des années 60 qui chantaient exactement en même temps.

Après les Folies Bergère, Les Parisiennes partent en tournée à la rentrée avant de revenir dans la capitale, pour deux dates à l’Olympia…

Gregory Guyot.

LES PARISIENNES 180527 par Gregory Guyot JSM Je Suis Musique (19)

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Crédit photo: Gregory Guyot (D.R./ @I_am_Gregg / JSM)

 


24 mai 2018 au Trianon,

JULIETTE ARMANET : ALCALINE 2

Deuxième round pour Juliette Armanet vs Alcaline, après le concert lunaire du 7 février dernier, où France 2 avait dû renoncer à la diffusion d’une session éclairée… au smartphone! Exceptionnel et unique moment qui estampillait Juliette Armanet définitivement comme l’une de nos plus grandes artistes (lire notre reportage ici) .

JSM Je Suis Musique 180524 JULIETTE ARMANET au Trianon Alcaline par Gregory Guyot (16)

Retour sur la scène du Trianon donc, 3 mois et demi plus tard, avec un concentré de ce  concert qu’elle promène partout en France et dans le monde depuis plusieurs mois, soit un peu plus d’une heure s’ouvrant sur « Manque d’Amour » et s’achevant par une nouvelle version d’ « A la folie » en piano-voix, magnifique. 14 chansons, 14 petits bijoux intacts, 14 morceaux exaltés.

Parmi ces moments d’intensité dont elle a désormais la maîtrise, il y a eu « Les Microsillons » qu’ Alain Chamfort est revenu interpréter avec elle dans une version absolument bouleversante (bien meilleure que le premier Trianon), qui touche en plein cœur lorsqu’ils chantent ces mots : « Les aimeras-tu toutes les chansons que le temps a gravées au plus profond ? (…) Les chanteras-tu toutes les chansons lorsque la vie m’aura coupé le son ? ».

Juliette Armanet, émue, n’a pourtant jamais été aussi à l’aise pour reprendre le dessus d’une session qui lui en a tant voulu le 7 février dernier, mais sur laquelle cette cavalière seule a remporté la victoire haut la main, haut les notes faisant bloc contre ces réactions en chaîne. Une ultime résistance aux éléments, comme pour décupler ses forces pour donner de la voix, encore et pour longtemps, à une émission condamnée. En effet « Alcaline » s’arrête… ou « s’arrêterait » si la pétition* qui court actuellement renverse une situation triste pour la musique et l’expression de nos artistes.

Gregory Guyot.

* JSM a signé cette pétition, vous pouvez en faire de même en cliquant ici.

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Crédit photo: Gregory Guyot (D.R./ @I_am_Gregg / JSM)

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CONCERTORAMA

La musique se vit. Live.

édition JSM#10 . 02.06.18.


La musique s’écoute, la musique se voit, la musique se vit. Live. Quand les artistes entrent dans la lumière, ils sont face à nous, ils offrent leurs chansons et les font voyager avec nous. CONCERTORAMA, c’est un panorama non exhaustif des concerts du mois, de ces espaces temps où la musique, l’artiste et les fans ne font plus qu’un, dans une fulgurance d’émotions et d’instants suspendus et exaltés.

Ce mois-ci, impossible d’échapper à la tournée acoustique de Julien Doré qui parcourt les routes de France, aux 30 ans du Grand Bleu avec Eric Serra, à la performance d’Emily Loizeau au Centquatre et au sacrement de Tim Dup à La Cigale…


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