JEAN-LOUIS MURAT

La disparition de Jean-Louis Murat le 25 mai dernier a stupéfait ses pairs et ceux qui l’ont connu. L’homme qui n’était pas réputé facile et qualifié de solitaire avait pourtant plus de connexions qu’il n’y paraissait, ayant fait des émules, inspirant des générations d’auteurs et d’artistes, faisant courber les poètes, pleurer les étoiles et pleuvoir les hommages jusqu’à celui déjà très médiatisé de Mylène Farmer qui ouvre son concert “Nevermore” avec le clip de “Regrets” qui restera malgré lui, son tube de loin le plus populaire. JE SUIS MUSIQUE a compilé pour vous ce bouquet d’admirations envers cet ange loin d’avoir été déchu

Pluie d’étoiles pour un poète

Les hommages du monde de la Musique :

Son dernier label, Pias a publié un communiqué :

“C’est avec une très grande tristesse que nous annonçons ce jour, la disparition de l’artiste auteur, compositeur, interprète Jean-Louis Murat. Cette disparition extrêmement brutale et soudaine laisse un vide immense dans le paysage musical français. Jean-Louis Murat était un artiste unique. À la discographie singulière et rare. Jean-Louis Murat était un des plus grands poètes français de sa génération. Il avait 71 ans. Toutes nos pensées accompagnent sa famille et ses proches dans cette très grande douleur.”

Gérard Pont, patron des Francofolies :

“C’est un bout de nos vies. La sortie de l’album “Cheyenne Autumn”, c’était une petite révolution. Cette gueule, cette voix, cette musique… il a inventé un truc. Artistiquement, il a fait presque tout le temps la même chose… mais jamais la même chose. Il avait toujours des propositions différentes, mais avec une même ligne directrice. Une colonne vertébrale.”

Alain Artaud :

“J’ai travaillé avec lui à partie de Cheyenne Automne jusqu’en 2010 .Chaque fois que je changeais de label, Marie Audigier , Jean Louis et moi nous nous suivions ! Malgré son caractère de cochon, c’était un des plus grands ; J’étais touché par sa poésie , par sa voix . On s’aimait beaucoup. Sa disparition est brutale. Bref…”

Hervé Deffontis, le directeur de la communication de la Coopérative de Mai, une salle de spectacle à Clermont-Ferrand :

“C’est un auteur absolument unique. On est très abattu par la soudaineté de cette nouvelle. On est très, très ému. On est totalement assommé”, avant de conclure que Jean-Louis Murat était “un auteur absolument unique, unique. On va malheureusement très vite s’en rendre compte.” (sur France Info)

Baptiste Vignol :

“Ceux qui savent, savent qu’il était le plus grand.”

Christian Eudeline :

“Rencontré 6 ou 7 fois, je ne pouvais tout raconter en un seul article, mais je me souviens très bien de cette première fois où il me glissa : Tu sais bien, “Paint It Black” des Beatles… Heu Jean-Louis, tu te goures tu parles des Rolling Stones. L’idée était de voir si son interlocuteur écoutait. Je garde de lui l’image de son oeil malicieux, et ce dernier interview sur une péniche au pied de la Gare d’Austerlitz. Il m’avait accueilli d’un “Hey Christian comment vas-tu ?” Je l’aimais bien, et au fil des années on s’était apprivoisés. C’est une grande perte.”

Claude Lemesle, auteur, Président d’honneur de la SACEM :

“Jean-Louis Murat, auteur et compositeur au talent très personnel, n’hésitait pas non plus à revisiter le répertoire avec classe, je garde un souvenir ému de son interprétation de Marie-Jeanne, chef-d’œuvre de Bobbie Gentry, Jean-Michel Rivat et Frank Thomas, créé à la fin des années 60 par mon grand ami Joe Dassin.”

Serge Perathoner, compositeur, Président du Conseil d’administration de la SACEM :

” J’aimais beaucoup cet artiste libre, provocateur mais très doué et généreux, merci Jean-Louis.”

ndlr : Jean-Louis Murat avait été admis à la Sacem en qualité d’auteur et de compositeur le en 1982, et promu sociétaire définitif dans la catégorie compositeur en 1995.


Les hommages des artistes de la musique :

Mylène Farmer :

Avec la pudeur et la discrétion qu’on lui connait, Mylène Farmer a rendu hommage à Jean-Louis Murat, samedi 3 juin dernier, en diffusant le clip “Regrets” en lever de rideau de sa tournée “Nevermore” créant la surprise, à la fois émouvante et nostalgique. Un titre qu’elle avait enregistré en 1991 avec lui, extrait de l’album “L’autre” et qui reste l’un de ses plus grands tubes. Le clip réalisé par Laurent Boutonnat, tourné dans le cimetière juif de Salgótarjáni de Budapest, sublime les 2 artistes en parfaite osmose et qui vivaient tous les deux en marge du star système. Elle avait déclaré à l’époque : “J’aime l’auteur, j’aime l’interprète. (…) J’ai souhaité lui envoyer un mot pour lui dire que j’aimais ce qu’il faisait, mais j’ai du mal à le faire. Je le formulerai d’une autre façon un autre jour.”. Il n’y a sans doute pas eu de plus bel hommage que cette diffusion du clip, en toute pudeur ayant provoqué une vive émotion.

Charlélie Couture :

“Hier soir c’est la bombe Tina Turner que le « Grand Démineur » a désamorcée. Celle qui après avoir survécu aux tumultes d’une époque en folie sous l’emprise d’un mari violent, celle qui se vit traverser un long désert avant de retrouver le sommet des charts et une gloire qui ne devait rien à personne d’autre qu’à elle-même, celle dont les chansons vibrantes faisaient entendre les affres et les exaltations d’une vie qui ne fut pas toujours faite que de paillettes et de poudres… celle dont la voix chaude et vibrante vous transperçait autant que son regard, celle qui n’avait pas besoin d’autant d’artifices et de matériels de mises en scène que le Barnum de Madonna ou les 12 danseuses de Beyoncé avec écran géant, pour créer ce frisson d’excitation passionnée que provoquent certaines musiques venues du plus profond de l’âme, celle qui, à soixante ans, jupe fendue sur talons de quinze cms, faisait encore vibrer le monde, celle qui telle une héroïne tonique et souriante, douée d’une énergie planétaire aurait à elle seule pu incarner toutes les cougars de la terre, oui, hier soir, à 83 ans, la mèche de Tina Turner, la Dynamite Queen s’est éteinte en Suisse, où elle habitait depuis une vingtaine d’années dans le calme des alpages Helvètes.
Tandis que dans les montagnes d’Auvergnes, c’est un autre artificier qui a mis aussi la clé sous la porte. Jean-Louis Bergheaud alias Jean Louis Murat a rendu le silence à cette campagne nue qu’il aimait tant. Si le « Grand Public » n’avait fait de lui un chanteur populaire que pendant un petit nombre d’années, il n’avait pas pour autant cessé de produire des disques.
Jean-Louis Murat ne se résumait pas seulement à des traits d’esprit façon poil à gratter qu’il se plaisait à distiller devant les caméras, mais il avait surtout construit une œuvre tout au long de ses vingt-quatre albums studios, dans laquelle il faisait la part belle aux expériences sonores de tous ordres. Auteur de chansons pop il ne cherchait pas pour autant à être populaire. Non, JLM ne jouait pas vraiment le jeu de la complaisance, lui qui adoptait souvent une position de juge-arbitre, dictant ses avis tranchants d’une voix douce mais avec l’autorité d’un jongleur qui lance en l’air des quilles ou des flambeaux, des tronçonneuses ou des boules de neige.
Jean-Louis Murat était un animal sauvage qui refusait de se laisser domestiquer. Il assumait ses paradoxes ; comme celui d’aimer qu’on le déteste, à croire que ce désagrément, lui donnait une autre motivation, une autre raison pour se montrer parfois aussi acerbe qu’un homme de lettres s’étant vu refuser les honneurs.
D’un côté il y avait son ambition sans limite à défier les mots dans un style littéraire surréaliste, de l’autre ses mauvais coups de gueule de collégien adoptant la posture du provocateur insolent.
Mais surtout le musicien aimait s’enfermer en studio pour défier l’ordre des choses, celui des harmonies conventionnelles en utilisant des boucles électro, et des nappes de synthés, des bruits d’animaux ou des séquences folks sur lesquelles venaient se poser ses flows que j’aurais qualifiés de « poétiques », si Jean Louis n’avait refusé qu’on l’appelle « poète » pour je ne sais quelle obscure raison.
J’avais aimé « Suicidez-vous le peuple est mort » et, en 1984, je lui ai donné l’occasion de monter sur scène pour de ce qui fut sa première tournée… Ensuite, il fit de la route sa routine, sillonnant la France contre vents et marées, allant de scène en scène, avec ou sans mécène pour quelques cachets de survie, et se mettant souvent à l’envers quel que soit l’endroit. Était-il vraiment maudit, seul contre tous, celui qui pendant une dizaine d’années incarna le beau quinqua mal rasé maquillé d’un trait de kohl ? En dehors des évidences et lignes droites des autoroutes de la « bonne humeur », Jean-Louis Murat incarnait la belle différence des départementales et des chemins de traverse.
Murat des villes, ou Murat des champs, toute sa vie il a cherché sa place, aux frontières d’une sorte de dépression chronique, le chanteur au sourire espiègle s’adressait aux anges déchus. Et s’il est désormais seul dans son linceul, je dois aussi admettre que nous qui l’avons connu, nous qui appréciions sa quête éperdue, oui, nous aussi, nous sentons quelque peu esseulés.”

Alex Beaupain :

“Je l’ai tellement écouté et aimé. Quelques uns de ses albums restent parmi mes préférés au monde. Il disait parfois des bêtises mais il chantait souvent des merveilles. Grande tristesse. Adieu Jean-Louis.”

Benjamin Biolay :

“Jean-Louis Murat nous a quitté. Je suis horriblement triste. C’était un monument.”

Jil Caplan :

“Je parlais de Jean-Louis il y a peu avec @benjaminbaroche qui avait tourné dans un de ses clips, « Over and Over » magnifique chanson et superbes images naturalistes. Jean-Louis, comme Hubert, rencontré et aimé au cours des nombreux plateaux tv &radios de cette époque révolue, insouciante encore, gaie et pleine de promesses. On ne voyait pas, on ne savait pas comment les choses tourneraient. Jean Louis le savait, il était plus vieux, déjà meurtri, déjà à contre-courant, et sa belle gueule cachait bien des aspérités. Il était si drôle. Attentif et généreux, jamais mièvre, mais affûté, prêt à bondir, à saillir. Je suis plus que triste, sa présence au monde suffisait à me le rendre plus poétique, plus acceptable. Je vais manquer de toi, Jean-Louis. Fais-moi signe.”

ELysian Fields :

“C’est avec une profonde tristesse que nous annonçons le décès de notre cher ami et camarade Jean-Louis Murat. Jean-Louis, le poète, l’extraordinaire forgeron. Nous étions ensemble et riions et faisions de la musique il y a seulement quelques jours. Notre Jean Louis. J’en dirai plus plus tard. Maintenant nous tremblons d’une émotion profonde et d’un chagrin.”

Florent Marchet :

“Jean-Louis. Je suis dévasté. J’ai grandi avec tes mots, avec ta musique. Ton œuvre a été déterminante pour moi. J’aurai eu l’occasion et la chance de te le dire, souvent. Lors de notre première rencontre, au Printemps de Bourges. Puis à Cluses… Nous partagerons ensuite le même Label, Pias. J’étais pas peu fier. Se voir, après tes concerts. La loge et le linge en boule dans ton sac. Les chemises froissées avec élégance. Ta voix rageuse et l’instant d’après, c’était la douceur extrême. J’ai toujours eu 15 ans à tes côtés. Je te devais tellement. Le gout des noms de lieux, les guitares grasses et chaudes, les voix feutrées, les mots incongrus. Avec Olivier Nuc, on t’avait même rendu hommage plusieurs fois en montant une conférence chantée autour de ta vie et de tes chansons. On célébrait notre chanteur préféré, le plus élégant de tous. Il n’y a pas si longtemps, on m’avait demandé, pour une émission de télé, de chanter une chanson connue qui me faisait de bien. J’avais choisi “Sentiment nouveau”. Aujourd’hui la montagne est noire, beaucoup de brume. D’habitude j’aime bien mais là plus du tout. J’ai mal. « Prisonnier des glaces, je suis dans le vide, perdu vers les cimes sur l’autre versant”. Je t’aime Jean-Louis.”

Axel Bauer :

“Une nouvelle bouleverse le cours ordinaire des choses, un mustang s’en va. RIP Jean Louis Murat. Ton génie m’allait comme un incendie.”

Raphael Haroche :

“En demi-conscience, j’allais au fond des ténèbres”. Toute une vie de beauté, de poésie, de liberté. ciao il francese”.”

Nolwenn Leroy :

“Sur mes lèvres , il y a de la tristesse, de l’amertume….mais il y a aussi ces mots et ce bouquet de roses rouges que vous m’aviez offert…”

Carla Bruni :

“Qu’est-ce qui t’a pris de partir si tôt ? Repose en paix Jean-Louis Murat”

Arthur H. :

“Murat, poète sensuel panthéiste dans une belle histoire française de troubadours rimbaldiens, érotique du printemps, amour sexe musique pulsion de vie, créativité débridée… Mais aussi prisonnier de sa rhétorique de l’amertume, taureau coincé dans le labyrinthe d’une colère froide qui bouffe le foie… Paradoxe créatif ? No sé… Animal solitaire qui gueule contre son public ou qui l’accompagne dans la légèreté érotique. Une belle énigme. Est ce que ce pays aime encore ses poètes ? Est ce qu’il en a besoin ? Merci Murat…”

Christine and the Queens :

“Jean Louis Murat Grand poète ma peine est immense et ma reconnaissance éternelle.”

Axelle Renoir :

“Beaucoup de tristesse, un auteur unique disparait… Ma chanson préférée de cet album sublime “Cheyenne Autumn” : “L’ange déchu”. Un ovni à l’époque.”



Les hommages des artistes du cinema :

Claire Denis, cinéaste :

“C’était un râleur, il avait un sale caractère. Je pense qu’il était comme ça pour qu’on l’aime, il demandait de l’amour.”

Gael Morel, cinéaste :

“Le plus beau film de Claire Denis à mes yeux, « J’ai pas sommeil » et cette chanson sublime de Murat (ndlr “le lien défait”) qui me plonge immédiatement au cœur de mes 20 ans et des années 90…”

Isabelle Huppert :

“J’ai un souvenir délicieux de nos rencontres lorsqu’il imaginait ce disque si singulier qu’il voulait parlé-chanté avec les poèmes de madame Deshoulières. Il avait découvert l’œuvre de cette libertine féministe qu’admirait Voltaire totalement par hasard sur un marché je crois. Nous étions vraiment très proches à l’époque. On avait fait connaissance sur “La Vengeance d’une femme” (1990) que tournait Jacques Doillon avec Béatrice Dalle et où il avait un second rôle. Je garde un bon souvenir de ce tournage. Jacques disait qu’il préférait les actrices aux acteurs, Jean-Louis n’en prenait pas ombrage. Pourtant il était toujours très en colère, et de plus en plus. Il ne se gênait pas pour s’en prendre à beaucoup et à l’ère du temps. C’était un poète, un grand révolté, sans concession, brut mais pas brutal. Il y avait de la douceur en lui. Son alacrité était salutaire. Sa sauvagerie aussi. Il était solitaire. La dernière fois où j’ai joué près de chez lui, à Clermont-Ferrand, je n’ai pas osé le déranger.” (propos recueillis par “Libération”)


Les hommages des instutions :

Madame la Ministre de la Culture, Rima Abdul Malak :

« Quand l’éclat mauve délétère
N’éclaire plus ma vie
[…]

J’aurais passé ma vie entière
Au Mont Sans-Souci »

Poète d’un réel qui coupe et caresse, Jean-Louis Murat nous a quittés.

Pour lui, tout commence à Murat-le-Quaire, terre auvergnate dont il prendra le nom et gardera l’empreinte. Poète d’à peine plus de sept ans, les mots se mêlent chez lui naturellement à la musique. Il joue du cornet à pistons dans l’harmonie de son village puis découvre le jazz à l’adolescence et se passionne pour tout ce qui fait sens et son. Et, quand il ne compose pas, il explore la région avec son vélo bleu. De l’Auvergne, il connaît tout : des repères incontournables aux recoins inconnus, comme un écho géographique au léger décalage qu’il entretiendra toujours avec le show business et tous les bruits de la ville.

Étudiant d’un jour à Clermont-Ferrand, il troque vite son cartable pour un sac à dos : direction l’Île de Wight, où il assiste tout feu tout flamme à la grande messe rock de 1970, puis les petits boulots pour gagner sa vie entre mer et montagne. Mais, jeune père à 19 ans, Jean-Louis Bergheaud qui n’est pas encore Murat a toujours la musique dans le sang.

Quand il rentre à 25 ans dans son village qu’il ne quittera plus – allant, pendant ses séjours parisiens jusqu’à loger rue de la Tour d’Auvergne – il se consacre à nouveau à la musique en créant le groupe de rock Clara. Malgré des tournées en première partie de William Sheller et un premier EP qui le fait reconnaitre dès 1981 avec un morceau au titre fort et noir « Suicidez-vous le peuple est mort », il faut attendre 1987 pour un premier grand succès public : « Si je devais manquer de toi ». Peu importe, Jean-Louis Murat accorde peu d’importance aux trompettes de la renommée, également fier de toutes ses compositions dont les musiques envoûtent et les textes percutent.

Inclassable artisan d’art de la chanson, amoureux du bel ouvrage, Jean-Louis Murat met du blues dans le rock, de l’incisif dans la variété, un peu d’Amérique en France et beaucoup d’Auvergne à New York. Il faut dire que ses amours musicales – Franck Ocean, Adriano Celentano, Camille, Kendrick Lamar – sont aussi variées que ses collaborations. Propulsé dans le panthéon d’une génération désenchantée par des « Regrets » au romantisme sombre qu’il partage avec Mylène Farmer, il provoque volontiers, crève l’écran avec Isabelle Huppert et Béatrice Dalle chez un Jacques Doillon des années 90… mais n’oublie pas de nous rappeler que pour lui, la vie est ailleurs : dans le secret des montagnes, du flot naissant de la Dordogne et des femmes de sa vie.

Avec son cœur de lave au pays des volcans, Jean-Louis Murat reprend en effet dans ses albums le flambeau des écrivains qu’il aime tant depuis l’adolescence – Proust, Gide, Baudelaire… – en mêlant une recherche formelle continue à un motif obsessionnel : l’amour. Des années 80 à ce jour, chaque chanson le passe au kaléidoscope puisque, d’une rupture sentimentale à l’autre, l’auvergnat qui « de [sa] vie vulgaire […] garde l’amour, c’est tout » ne saurait puiser son inspiration ailleurs.

Avec près de 30 albums composés et interprétés, Jean-Louis Murat est d’abord un musicien-poète, immortel troubadour de sa terre de France. Hypersensible à tout sauf, peut-être, au passage du temps qui n’a jamais tari sa source créative. Tombé de Vénus dans son Manteau de pluie, il nous aura fait explorer les sentiments nouveaux d’un éternel Baby love[r], propulsé sur le toboggan d’une vie en plein air dont la source et la destination se rejoignent au Col de la Croix-Morand où rien, pas même la mort, ne pourra défaire son lien avec le public.

J’adresse à sa famille, ses proches, ses musiciens, ses fans, sa région, mes plus sincères condoléances.”

Olivier Bianchi, maire de Clermont-Ferrand :

“Jean Louis Murat est parti. Triste nouvelle. La beauté du texte, la franchise du mot, la sincérité du chant. Une part de l’Auvergne part avec lui. Affectueuses pensées à ses proches.”


Les hommages du monde de la télévision :

Nikos Aliagas, pendant “The Voice” :

“Pensées émues à Jean-louis Murat, auteur compositeur interprète de grand talent qui nous a aussi quitté cette semaine (ndlr : le lendemain de la disparition de Tina Turner), un poète, un esthète de la parole et de la mélodie qui va profondément manquer au public.”

Laurence Boccolini :

“Il y a longtemps, Tu passais tard le soir à Europe 1. Tu ouvrais grand les bras en souriant, J’aimais bien ton pull. On riait, J’ai perdu la cassette celle où tu as écris une chanson…. Tu sais ? Tu ne savais pas combien tu as été important pour moi à cette époque-là, J’écrivais hier encore cette histoire dans mon prochain livre… J’avais envie que tu le saches. Je vais encore l’écrire sans y ajouter la fin. Mais tu ne le sauras jamais.”

Hommages recueillis par Gregory Guyot

Photos : Jeanloup Sieff (DR) / photo “Regrets” : Gregory Guyot (DR/JSM)

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