VIANNEY

Pour de vrai

Programmée depuis plus de 2 ans, la tournée en toute intimité pour accompagner l’album « N’attentons pas » voit enfin le jour. Certes il y a eu la parenthèse des (trop) grandes salles, les Zénith, L’Accor Arena, et quelques festivals cet été, mais Vianney n’est jamais aussi heureux qu’au contact d’un public pour lequel sa proximité et son accessibilité représentent sa grande valeur. Durant 6 soirs, il transforme l’Olympia en confessions intimes, en soirées entre potes devant un feu de cheminée, où au son de ses guitares, il rassure comme un grand frère. Ceux qu’il appelle « ses amis », son public, lui restent fidèles, ceux qu’il appelle « les nouveaux » le deviennent en quelques accords. Sans bousculer personne, Vianney est un genre nouveau d’artistes : juste un homme, « pour de vrai ». Nous étions à l’Olympia pour partager ce moment de vérité, de plus en plus rare, et donc de plus en plus précieux…

Plus 2 ans d’attente ! Pour le public de Vianney, c’est une éternité, presque une génération, les fans ont grandi, peut-être changé d’idole, d’intérêt car 2 ans dans la carrière d’un artiste, ça change tout… sauf pour Vianney visiblement. Le public qui se presse à l’entrée, sous les lettres rouges mythiques de l’Olympia, est le même qu’il y a 2 ans, le même qu’il y a 7 ans pour beaucoup, quand Vianney montait sur de petites scènes pour présenter ses premières chansons. Cette fidélité naturelle, presque filiale est à l’image de l’artiste. D’ailleurs, impossible de trouver une place si on n’a pas la sienne depuis l’ouverture de la billeterie. C’est dire si l’attente était longue.

Si la célébrité a grandi au fil des albums, des tournées et des rencontres, boostée par « The Voice », l’homme est resté le même. Sa vie a changé, mais lui n’a pas changé. Comme son public il a grandi mais il a conservé cette simplicité, cette humilité, cette proximité qui sont rares, pour ne pas dire uniques dans cette industrie où tout va trop vite.

Vianney, pourtant, suit le mouvement : hyperactif, prolixe, il est partout à la fois. Cavalier seul de sa propre course au bonheur dont ses chansons pour lui et pour les autres alimentent son moteur insatiable et généreux. Sur scène, il y a tout cela encore. Il y a toujours eu tout cela, cette frénésie débordante et cette aptitude à faire plaisir à tout le monde, sincèrement, librement, gentiment. VRAIMENT.

Un concert de Vianney, c’est un cocon, une bulle, un petit salon où l’on cause, où l’on chante, où l’on rit même sur les sujets que chante Vianney pourtant souvent graves : les différences entre les gens qui les séparent, l’exclusion, l’enfance tourmentée, les histoires d’amour qui finissent mal, mais parfois bien aussi car dans les chansons de Vianney, il y a toujours ce rayon de soleil qui vient après la pluie. Ce rayon-là c’est lui, sa marque de fabrique, sa raison d’être, ce qu’il le rend si attachant et si VRAI, à l’instar du nom de la marque qu’il a créée, une marque éco-responsable et solidaire, présente dans la boutique située dans le hall de l’Olympia. C’est tout lui. Un homme de valeurs et d’engagement.

De son propre aveu, et lancé presque avec du regret dans la voix, Bercy était trop grand. A L’Olympia ce qu’il aime, c’est voir les visages, les émotions, les expressions. Il voit tout, il entend tout, il est connecté à un public de plus en plus fervent, agrandissant le cercle de ses « amis » au fil de ses chansons, de ses apparitions (comme sa participation dans « Rendez-vous en Terre Inconnue » qui occasionne un moment fort en émotion avec « Dabali » en rappel) et de ses actions aussi. Car Vianney n’est pas seulement un chanteur, c’est un humaniste, un philanthrope, un citoyen du monde, qui embrasse et accueille tout le monde, ses amis, les nouveaux et les fidèles des débuts, les fameux qui ont grandi avec lui, auprès de lui.

Vianney ne veut décevoir personne, alors pour ces Olympia, il l’annonce d’emblée dans un assez long discours qui ouvre son concert : il préfère tronquer ses chansons pour en offrir un plus grand bouquet, pour balayer ses albums jusque dans les moindres pépites quasi inédites et pour certaines, jamais jouées sur scène, que son public lui a réclamées au fil des dates de sa tournée des Zéniths et de Bercy. C’est dit : il n’y aura donc pas que des tubes, il y aura bien plus que cela.

Les fidèles jubilent et chantent avec lui, les nouveau s’inclinent devant tant de sincérité et d’audace. Humble comme toujours, il arrive sur scène sur la pointe de ses pieds, accroché à sa guitare et se place au milieu du public, sur la petite avancée pour scander « C’est nous les imbéciles heureux » avec un sourire qui fait fondre la salle entière. Ce public-là, reste rivé à cette pile électrique faite homme par le poids des émotions et chante avec lui. Souvent. Tout le temps même…

Pendant toute la première partie de son tour de chant, Vianney va principalement rester au milieu de « ses amis ». Dans une seconde partie plus « lumineuse », il rejoindra le centre de la scène de l’Olympia, où quelques invités prendront place. Ce soir là, il y une vraie surprise : Axelle Red qui a écrit et composé « Parce que c’est toi » qu’il avait reprise avec Mentissa et qu’il devait sans doute chanter ce soir avec elle. La chanteuse rousse entre sur scène sous le regard ébahi de Vianney. La chanteuse qui se fait de plus en plus rare semble être émue d’être là. Mentissa restera ce soir en coulisses, après avoir très brillamment assuré la première partie de celui qui l’avait découverte il y a 2 ans déjà dans « The Voice ». Il a eu du flair tant la jeune artiste investit la scène avec sobriété et une certaine élégance juvénile, présentant quelques chansons de son premier album sorti le 18 novembre dernier, « La vingtaine », dont « Et Bam » qui clôture son set. C’est une certitude : elle ira loin.

Et puis, il y a un autre invité de marque qui fait son entrée lors des rappels : Kendji Girac qui vient chanter 2 titres en duo, en rappel dont « Le feu », très attendu. D’ailleurs, Vianney, fait la part belle à ses collaborations : il chante aussi « Allez reste » de Boulevard des Airs, « La même » de Gims et même « Call on me » qu’il a chantée en duo avec Ed Sheeran, son alter-égo anglo-saxon. Il reprend aussi « Caroline » de MC Solaar. Avec cet éventail de talents et de tubes, Vianney surfe sur tous les styles. Mieux : il se les approprie et chaque prestation déchaîne la salle.

La setlist parcourt aussi, et avant tout, la carrière du chanteur avec une évidence désarmante : ses tubes (« Pas là », « Je m’en vais », « Dumbo », « N’attendons pas », « Beau papa » etc.), ses chansons plus rares et quasi inédites sur scène (« Notre dame des oiseaux », « Chanson d’hiver », « Labello », etc.) avec ses compositions pour les autres se déroulent avec une évidence et une rapidité à son image.

Humble, Vianney ne dira pas tout de suite qu’il a une bronchite, que pour un chanteur, c’est un drame, il ne dira pas non plus à quel point il accumule de la fatigue, entre sa vie de famille, The Voice et ces concerts tant attendus. Il dira à peine ce qu’il fait pour aider les autres. Car pour Vianney, ce qui compte, c’est de rendre heureux les gens. Il est si prévenant lorsqu’il commente, parfois un peu trop, ses chansons, qu’on ne peut jamais lui en vouloir : c’est un homme bon qui offre un rare moment VRAI.

Ce qu’il dira, même en filigranes, c’est sa reconnaissance envers son public, envers les gens qui l’on porté où il est aujourd’hui, son admiration pour Mentissa, son amour pour sa famille et sa femme dans la salle ce soir-là, pour son label « pour la vie », pour son équipe, les 60 qui l’ont suivi dans sa tournée des grands espaces mais aussi pour ces 12 personnes qui l’entourent à l’Olympia qu’il présente et remercie, ses fidèles acolytes : au son, aux lumières, à la régie. Dans la salle on ironise « et aux costumes », tandis que Vianney enchaîne « gros budget coiffeur aussi »… Ses amis rient, lui aussi. Cette équipe-là construit en toute simplicité un concert à la fois sobre et élégant. Les jeux de lumières sont subtils, le son est parfait, le plaisir est total.

2 heures et près de 30 chansons plus tard passées trop vite, c’est l’heure de se dire au revoir et « Merci pour ça ». Sur ce dernier titre où il rend hommage à un sans-abri à la dignité retrouvée grâce à lui « qui est ce soir dans la salle », Vianney s’en va comme il est venu : simplement. VRAI. Merci pour ça.

Gregory Guyot

Photos : Gregory Guyot (JSM / DR)

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