SYLVIE VARTAN

Les flamboyantes années 70

Si l’année écoulée aura été marquée par la célébration des 60 ans de carrière de la blonde icône, avec la sortie d’un nouvel album « Merci pour le regard », dont vient d’être clippé l’extrait « Les vents contraires » signé Joseph d’Anvers, avec la participation de la belle Ilona Smet, un nouveau spectacle et de multiples rééditions en vinyle de ses albums historiques, l’actualité de Sylvie Vartan s’annonce encore très dense en 2022. À venir, sont prévues la diffusion prochaine d’une version courte de son « Récital » le 30 janvier sur Olympia TV, suivie de la sortie du DVD de l’intégralité du spectacle, alors que de nouvelles dates de la tournée sont à espérer, à compter de septembre prochain. Et pour ouvrir les festivités, Sony Music nous propose une troisième vague de somptueux vinyles en couleur des flamboyantes et tubesques années 70 de la Star … En attendant le 4 février prochain, on vous dit tout sur ces albums cultes…

L’amour au diapason (1974)


Cette compilation japonaise initialement sortie en « midprice », et jusqu’ici très recherchée par les fans, est éditée pour la première fois en France (et pour la première fois aussi en vinyle bleu). Baptisée d’un de ses tubes (pourtant face B de « Toi le garçon »), Sylvie arbore sur la pochette sa fameuse combinaison lamée au décolleté vertigineux, spécialement conçue par Yves St-Laurent pour son Olympia de 1972. L’album comprend des morceaux de l’album français « J’ai Un Problème » déjà réédité, augmenté de chansons en italien, et il est agrémenté de « Angie Baby », un titre inédit sur un support physique ! Enfin, la pochette intérieure avec les paroles est reproduite à l’identique. S’il ne s’agit pas de la compilation japonaise la plus intéressante visuellement, l’objet original est assez rare pour susciter l’intérêt des collectionneurs, et le contenu compense très largement le contenant…


Qu’est-ce qui fait pleurer les blondes ? (1976)


S’il ne fallait retenir qu’un seul album de Sylvie de ces années-là, si fructueuses en tubes, ce serait celui-ci ! Produit par Jacques Revaux (complice des plus belles années de Michel Sardou), il compte des golds télévisuels et scéniques comme « La drôle de fin » (adaptation de « Last Tango »), « Danse-là, chante-là »  (un titre que la principale intéressée reconnait ne pas adorer rétrospectivement) et bien évidemment la célébrissime « Qu’est-ce qui fait pleurer les blondes ? », une chanson qui lui colle encore à la peau, tant elle renvoie à demi-mots à sa love story à l’autre ange blond, Johnny Hallyday. « Do You Know Where You Are Going To ? » empruntée à Diana Ross, (et devenue « En courant » en Français par Nicole Rieu), est le bonus de cet album culte, réédité en vinyle orange. La pochette tout aussi mythique contribue à la starisation de mademoiselle Vartan, est signée François Dupuich. Encore dans toutes les mémoires de fans, l’image sera encore utilisée pour illustrer le CD et le DVD Live de ses 50 ans de carrière à Pleyel, en 2011.


Ta sorcière bien-aimée (1976)


L’année 1976 est une très grande année pour Sylvie, puisqu’après  » Qu’est-ce qui fait pleurer les blondes ? », elle s’offre un deuxième album produit par Jacques Revaux. Il compte les hits « Ta sorcière bien-aimée » (inspiré de la série TV à succès, « Bewitched ») et « Le temps du Swing » qui assurent la continuité avec des chansons « magiques » comme « Shang Shang A Lang », et lui donnent l’occasion de spectaculaires numéros à la télévision. Pour « Le Temps du Swing », elle va même jusqu’à se démultiplier par trois ! Dans un autre registre plus grave et mélancolique, « L’amour c’est comme les bateaux » vient s’ajouter à une longue liste de tubes exploitant son tempérament slave… L’album est réédité en vinyle bleu avec, comme pour l’édition originale, une pochette ouvrante.


Georges (1977)


Pour ce nouvel album, accompagnant son deuxième marathon au Palais des Congrés de Paris, une salle immense qu’elle est la première chanteuse française à investir en 1975, Sylvie est photographiée par le grand Helmut Newton (déjà rencontré pour un reportage mode en 1970, ayant servi par ailleurs de visuel au SP « Loup »), et les illustrations intérieures sont du fidèle François Dupuich. Le maître imagine Sylvie en femme fatale, somptueusement déshabillée par son couturier fétiche, Bob Mc Kie, qui signe toutes ses fameuses robes lamées à franges. Musicalement, Sylvie explore plusieurs registres dans la perspective de son nouveau show à l’américaine, comme le Disco-Tango (« Georges », clin d’oeil à ses racines et à son deuxième prénom), une adaptation d’un standard Country (« Je pardonne ») et le plus variété Pop californien (« Petit Rainbow »). De quoi lui assurer un nouveau magnifique disque d’or à la fin de l’année 1977 ! Le bonus de cet album est la version anglaise de « Petit Rainbow » (« Summer Love Sensation »), adaptée en français par Pierre Grillet, le futur complice de Lavoine ou Bashung (« Madame rêve »), alors parolier débutant. Avec malice, il signe un texte en forme de carte postale de cette Californie où elle s’est désormais installée avec son fils David, alors adolescent, pour s’assurer une certaine tranquillité, loin des paparazzi et du tumulte parisien, alors que son couple avec Johnny attise toujours autant la curiosité et l’imagination débordante de la presse à scandale. Le tout est sublimé par une luxueuse pochette ouvrante, un vinyle vert et une pochette intérieure avec les paroles des chansons.


Dancing Star (1977)


Sous la houlette de Maritie & Gilbert Carpentier, il s’agit de la bande-originale du nouveau show TV produit par le couple légendaire pour leur amie Sylvie avec l’aide du tandem Roger Dumas et Jean-Jacques Debout, à l’écriture de chansons spécialement conçues pour l’occasion. Ce « Numéro Un » est le dernier commercialisé sur disque après « Je chante pour Swanee » et le « Show Sylvie Vartan », dont il reprend plus ou moins la même trame autobiographique, celle d’une petite fille exilée et rêvant de devenir une star du music-hall. Une belle distribution vient ici donner la réplique à la blonde chanteuse  : Marie-Paule Belle, Jean-Claude Brialy, Gérard Lenorman, Jacques Revaux et l’ami de toujours, son ex-secrétaire Carlos. Avec sa belle pochette d’inspiration Art Nouveau signée encore François Dupuich pour sa belle sirène argentée, « Dancing Star » est réédité pour la première fois en vinyle transparent et pochette ouvrante.


Fantaisie (1978)


L’album « Fantaisie » marque un virage dans la carrière et le répertoire de Sylvie. D’emblée la pochette montrant la Star au naturel, cheveux mouillés et sans maquillage, annonce un retour à davantage de sobriété et de simplicité après des années d’ultra-sophistication. Sorti en 1978, il comprend les singles « Disco Queen » (rare incursion dans le Disco de Sylvie avec ce titre aujourd’hui revendiqué par Clara Luciani comme ayant inspiré son album « Coeur »), « Solitude » (adaptation du tube du moment « Substitute » de Clout), ou encore « Fantaisie ». Mais surtout, il propose de grandes ballades mélancoliques, plus matures et intemporelles, et superbement produites, comme « Jour après jour » et « Je chante encore l’amour », un titre qui n’a pas pris une ride et qu’elle reprend avec une émotion démultipliée pour son « Récital » en 2021. Enfin, le titre bonus « Sidéré Sidéral » (face B de « Disco Queen »), parfaitement raccord avec une époque que fascine le Cosmos et l’émission « Temps X », clôture cet album réédité en vinyle blanc.

Réalisé par Eric Chemouny

photos : visuels albums (DR / Sony Music)Portrait sur le tournage du clip « Les vents contraires » réalisé par Christophe Daniel (DR).

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