Visite dans l’ « âme-studio »

de HENRI SALVADOR

Pour la sortie de « Homme Studio », la dernière compilation de Henri Salvador réalisée par Guido Cesarsky, Catherine Salvador reçoit les journalistes dans le dernier Home Studio de son mari qu’il ne faut pas confondre avec celui où ont été enregistrés les titres rares de cette remarquable compilation à quelques mètres carrés de là. Mais rares sont ceux qui ont eu la chance de pouvoir réellement prendre le temps de s’imprégner de ce lieu musical historique, un petit trésor architectural, un cocon chaleureux et émotionnellement chargé, resté totalement intact. Ce home studio regorge d’objets et de souvenirs, d’instruments et de photos de ceux qui ont jalonné leur vie. Pour JE SUIS MUSIQUE , la dernière femme de l’artiste, passionnée et amoureuse comme aux premiers jours, nous a invités à poser le temps de ce petit studio et de sa mémoire. Bien plus que des mots, ce portfolio totalement exclusif de cet îlot créatif sur la place Vendôme vous permet d’entrer dans l’intimité de l’un des plus grands artistes mondiaux du XXè siècle.

Il y a des lieux qui expriment immédiatement la grandeur de l’homme à qui ils appartiennent et ce n’est pas une question de taille. Car le dernier studio de Henri Salvador n’en met pas plein la vue au premier abord : c’est même un petit cocon qui pourrait ne pas payer de mine s’il ne regorgeait pas de souvenirs du temps passé dont Catherine, sa dernière femme, a tenu à préserver l’authenticité et l’âme du poète, gardienne d’une légende qui n’en finit pas de dévoiler ses multiples talents, comme en témoigne à nouveau la compilation de « Homme-Studio » réalisée par Guido Cesarsky.

Ce home studio, joyau caché de la place Vendôme, pénombre musicale baignée des doux rayons du soleil filtrés à travers de petites fenêtres, au plafond « cathédrale » percé d’une lucarne et constellé de petites plaques carrées d’isolation phonique comme des étoiles, est un coffre aux trésors dont l’immense table de mixage au milieu de cette toute petite pièce fait régner l’ordre de ce joyeux désordre.

Au fond de la petite pièce, les derniers disques d’or de l’artiste qui lui tenaient tant à cœur : « Chambre avec vue » posé près de l’une de ses trompettes, au pied d’une petite bibliothèque encastrée dans la pièce mansardée où cohabitent, trophée, tam-tam, K7, films en super 8 de ses émissions, une petite télé ; et un peu plus loin, accroché au mur, celui de son ultime album « Révérence ».

Derrière le fauteuil marron rangé de la grande console, des mots, des notes, des partitions, des magazines, un double CD de Franck Sinatra son idole, un vieux micro précieux entourent des claviers, des petites boîtes à rythme. C’est le tableau d’une mémoire libre qui continue de jouer ses notes pour qui les entend.

Dans un autre endroit, des objets posés comme des témoins d’un temps passé : un splendide magnétophone intact, pièce d’un musée encore vivant d’une histoire de la musique, des feuilles manuscrites un peu jaunies par le temps de l’un de ses paroliers et ami, Michel Modo, des CD et des K7 en pagaille ou rangés dans des petits casiers en bois artisanaux et si authentiques… Tout cela cache d’autres trésors encore, rangés, scellés.

Enfin, il faut lever les yeux pour découvrir la collection de ses guitares, électriques et acoustiques, accrochées aux murs, telles les colonnes d’une Olympe musicale et sacrée.

Avant de quitter ce lieu qui nous retient par l’émotion intense qu’il dégage autant que par la part de notre histoire liée à Henri Salvador qu’il nous raconte, nous sommes attirés par l’unique photographie originale présente dans ce studio, au-dessus des claviers posés sur le sol, d’une guitare dans son étui, et à peine à 1 mètre d’un portrait dessiné d’un Henri souriant et joyeux. Cette photo, c’est celle d’une amitié fraternelle et éternelle entre deux monstres sacrés : Henri avec Quincy Jones, qui est l’un des très rares artistes à être venu ici. Elle semble veiller, telle une âme sœur, sur la tranquillité du lieu, quand la porte se referme derrière nous, que l’âme du génie recompose en paix et que le silence de l’éternité reprend son droit.

Gregory Guyot

Photos : Gregory Guyot (DR / @I_am_Gregg / JSM) avec l’aimable autorisation de Catherine Salvador – Remerciements particuliers à Véronique Séard. N.d.l.r. : les photos ont été prises le 4 mai 2021, aucun élément n’a été déplacé ni mis en scène pour cette prise de vue.

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Retrouvez aussi dans ce numéro, le portrait de A à Z de Henri Salvador, cliquez sur l’image :

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