RAPHAËL

tombe le masque

En partie confectionné pendant le premier confinement, « Haute-fidélité », le 9ème album de Raphaël s’impose dans sa luxueuse discographie comme l’un de ses plus réussis, sinon le plus réussi. Peut-être parce que fidèle à ses valeurs et à son amour pour le Rock, qui n’a d’égal que celui pour les chansons sentimentales, l’éternel amoureux n’a jamais été aussi proche de ses ambitions profondes et de sa vérité artistique. A cette occasion, et alors qu’il vient de fêter les 20 ans d’une carrière qui force le respect, nous avons rencontré le poète inspiré et infatigable défricheur de sons, qui s’est livré sans masque, avec une simplicité et un naturel désarmants… 

– Ton 9ème album « Haute-fidélité » vient de sortir : es-tu rassuré par son accueil plutôt très positif ?

Rassuré, je ne sais pas. J’en suis surtout très heureux, car j’ai mis beaucoup de moi dans cet album. C’est un disque très libre, que je me suis beaucoup amusé à faire, et qui compte beaucoup pour moi.

– As-tu conscience de ne pas avoir choisi la facilité en te réinventant, comme à chacun de tes précédents albums d’ailleurs, alors que tu pourrais te contenter de refaire « Caravane »…

Sincèrement, je n’en suis pas conscient. Les choses ne se sont pas présentées comme ça. On ne choisit pas la difficulté, pas plus que la facilité. Personne ne décide à l’avance de faire un disque complaisant ou exigeant. On fait d’abord un album avec ce qu’on porte en soi, et les gens l’apprécient ensuite pour ce qu’il est… J’essaie de faire de la musique populaire, simple et directe. Je n’ai vraiment pas l’impression de faire des chansons compliquées. En tout cas, ce n’est pas ma perception des choses. Après, c’est sûr que j’ai toujours envie de me réinventer, de repartir à zéro. J’aime bien cette idée du Phoenix. J’ai adoré faire « Caravane », j’en aime passionnément les chansons que je joue encore sur scène. Mais ce disque existe, et je ne ferais pas mieux si j’essayais de le refaire. Il avait une fraicheur qu’il me serait difficile de retrouver aujourd’hui, et ce ne serait pas intéressant artistiquement.

– Dans quelles circonstances ces chansons sont-elles nées ? Pendant le confinement ?

C’est un disque qui porte, en partie seulement, l’empreinte du confinement. Plus précisément, il a été commencé en août-septembre 2019, alors qu’on ne savait encore rien de cette crise sanitaire, pas même en Chine. Disons que les deux tiers du disque ont été écrits et enregistrés avant. Ensuite, quatre morceaux ont été écrits et enregistrés entre fin mars et mai 2020 : l’intro et l’outro, « Norma Jean », cette chanson dédiée à Christophe, et « Je suis revenu ». Cette dernière  m’a clairement été inspirée par les images qu’on nous renvoyait de toutes ces villes confinées en même temps. On se sentait presque exilés dans nos propres villes pendant cette période. C’était assez étrange comme sentiment.

– As-tu écrit beaucoup de titres pour n’en retenir que 12 ?

Non, pas vraiment. En cela, tout dépend du processus d’écriture, je pense. Pour cet album, il y a eu trois ou quatre titres seulement sur lesquels on a travaillé, dont on réalisé des maquettes avancées et qui ne sont finalement pas sur l’album. Pas davantage…

– On ne verra pas dans les bacs de ré-édition de « Haute-fidélité » augmentée de bonus alors ?

Je ne sais pas encore. Ces titres existent. Mais a priori, si on ne les a pas retenus sur l’album, c’est parce qu’ils n’étaient pas murs. Et puis en l’état, l’ensemble forme un tout qui fonctionne bien. Je n’aurais pas envie d’en rajouter. Après, il y a, parmi ces chansons, une chanson que j’ai écrite avec Arthur Teboul, que j’aime beaucoup et qui trouvera sa place un jour, d’une façon ou d’une autre. 

– Un mot sur la très belle pochette de ce disque : qui l’a conçue ? 

La photo est de Jean-Baptiste Mondino. C’est une capture d’image d’un des trois clips qu’il a réalisés pour l’album. Quant au dessin, il est de Mathias, de l’agence M&M. L’ensemble constitue une image très mystérieuse pour moi. J’y décèle une serrure, deux visages… Je crois que c’est sa vision de moi. Il doit me percevoir comme quelqu’un de multiple dans sa tête. Je l’ai laissé libre de dessiner en écoutant les maquettes et il a ensuite retravaillé son oeuvre chez lui. Je trouve très beau et très précieux ce dessin qui me fait penser à « La belle et la bête » parfois.

– À l’observer, on a le sentiment que tu as le souci de tordre le cou à cette image de beau garçon qui plait aux filles, héritée de tes débuts…

Non pas du tout, j’aime bien être un garçon qui plait aux filles (sourire) ! D’ailleurs, dans les clips de Mondino, je me trouve beau garçon. Il m’a plutôt embelli. Je dirais simplement que ce dessin rajoute du mystère à ce qui ne serait qu’une photo sinon : il en fait une oeuvre d’art à part entière. J’aime bien l’idée que les choses soient plus recherchées, plus étranges, plus étonnantes aussi.

– Les lunettes fumées, c’est une coquetterie ou pour voir la vie en bleu ?

C’est pour voir tout court et ne pas avoir l’air d’un bigleux (rires) ! J’ai toujours porté des lunettes depuis tout petit. J’ai un oeil complètement défectueux, qui m’a même valu d’être réformé au service militaire.

– Quelle a été la ligne directrice de cet album, si tu devais la définir en quelques mots ?

Déjà, ce ne sont que des chansons d’amour. Et puis, j’avais l’idée de faire quelque chose de très direct, à haute énergie, à haute intensité, qui soit tout simplement du Rock, en fait. Je trouve que le monde actuel manque de Rock, que la musique manque de Rock, de choses dynamiques, explosives…J’avais l’ambition d’apporter cette couleur Rock à ce disque, et je pense y être parvenu.

– Il présente une unité très forte alors que tu sembles t’être attaché à donner une ambiance différente à chaque chanson…

C’est un disque très libre en effet, mais je pense que l’unité qui en ressort provient du fait que tout a été enregistré chez moi, dans ma chambre, sur mon ordi et avec le même piano. L’ambiance acoustique, d’une chanson à l’autre, reste très proche. Benjamin Lebeau y joue toujours de la même basse. Et puis, nous ne sommes finalement que trois musiciens à jouer sur l’album, Benjamin, Alexis (Delong, le claviériste du groupe Inuït) et moi. J’en ai écrit tous les textes. Tout cela apporte une unité, même si on y trouve des morceaux plus Rocks et d’autres plus électroniques.

– Pourquoi ce titre « Haute-fidélité » ?

C’est un titre à sens multiples. Au début, c’était simplement inspiré des paroles d’une chanson. J’avais envie de retravailler avec Benjamin Lebeau du groupe The Shoes, avec lequel j’avais fait un album en 2012, « Super-Welter ». Le mixeur Craig Silvey, qui avait mixé cet album et aussi « Somnambule » (2015) ensuite, nous avait dit alors qu’il avait l’impression d’assister à la rencontre entre David Bowie et Ennio Morricone. C’était très Low-Fi pour lui et il trouvait ça cool. Avec Benjamin, on s’est dit que si nous devions retravailler ensemble cette fois, ce serait pour retrouver plutôt un son Hi-Fi, Haute-Fidélité. Ce titre faisait donc référence à notre souci autour du son. On ne voulait pas se contenter de faire de jolies chansons au piano, mais pousser plus loin nos recherches. C’est dans l’ADN de Benjamin et dans le mien aussi. Ensuite, ce titre évoquait pour moi la fidélité en amour et en amitié. Ce sont des choses qui comptent vraiment pour moi, dans mes valeurs. Je bosse avec les mêmes personnes depuis toujours, j’ai la même manageuse depuis mes débuts et j’ai commencé à faire des images avec Mondino à l’âge de 16 ans… Il m’a photographié à différents moments de ma vie, et c’est une amitié qui se poursuit. T’imagines ! C’est beau et impressionnant de se voir grandir à ce point avec quelqu’un comme lui.

– Ouvrir et clôturer un album par le même titre « Années 20 », relève du concept-album : c’est un peu anachronique aujourd’hui à l’heure des plate-formes et de l’écoute des chansons en mode random …

Tant pis si les gens l’écoutent en mode random. Je sais qu’il y a même des plates-formes qui n’ont pas mis le titre de clôture. C’est comme ça. On a construit l’album dans un souci de délicatesse, mais les gens l’écoutent comme ils veulent. Ce n’est pas grave… D’ailleurs, moi-même je l’écoute en vinyle ! Je sais bien qu’on consomme la musique différemment aujourd’hui et cela me va très bien. Mais ça ne nous empêche pas de faire notre ouvrage à l’ancienne.

– Quand tu chantes « Les années 20 sont folles… » : auxquelles te réfères-tu ? Penses-tu que l’histoire est cyclique et que les gens vont avoir envie de s’amuser après cette « guerre sanitaire »  ?

Je me réfère à nos années 2020, pas à 1920… Je pense et j’espère que les gens auront envie de s’embrasser, de s’étreindre. Le contact de la peau manque tellement. Je n’ai pas embrassé mes parents depuis longtemps : ça me manque de ne pas pouvoir les prendre dans mes bras.

– Tu évoques tes parents : à ce sujet, sur « La jetée », une partie de la chanson est chantée en Hébreu par Arthur Téboul. C’était important pour toi de renouer avec tes racines judéo-orientales ?

Peut-être, mais c’était inconscient… Il y a aussi un autre morceau qui parle de Leningrad et de la Russie. Je n’y avais pas pensé. Même l’idée de chanter en Hébreu est venue comme ça. J’étais avec Arthur, et je lui ai fait écouter cette chanson qui était terminée. Je lui ai alors demandé de chanter un truc en Hébreu. Il ne savait pas trop quoi chanter et il s’est mis à réciter ce Psaume de la Bible, déchirant de beauté. C’était très émouvant, alors on l’a intégré à la chanson. C’est un titre qui parle de désir, de sensualité, alors j’aimais bien l’idée d’y associer un extrait de la Bible, d’un texte qui a forgé quelque part notre rapport à la sexualité et à la transgression. Je trouvais l’idée intéressante et très touchante de faire cohabiter une musique actuelle avec cette mélodie vieille de plusieurs siècles. Je ne l’ai pas pensé comme cela, mais au final je suis heureux que ce disque renvoie à mes origines russes et marocaines.

– D’un titre sur l’autre, se dégage une grande sentimentalité, qui tranche avec le côté nerveux et électrique des chansons. Il faut une certaine forme de courage aujourd’hui pour être romantique au milieu de musiques urbaines machistes, et assumer une part de féminité…

Non, je ne pense pas. D’ailleurs, je ne sais pas si c’est féminin de parler d’amour et d’être romantique, quand bien même j’ai une part féminine très assumée. Je n’y connais rien en musiques urbaines, ce n’est pas mon rayon : je n’en écoute pas et je ne saurais pas en faire de manière crédible comme un rappeur menaçant. Je ne tromperais personne si j’essayais. 

– Quelle est la part d’autobiographie de chansons comme « Impossible » ou « Le bleu du ciel », qui parlent da la difficulté de l’éloignement, de confinement, et de séparation ?

J’ai un peu forcé le trait, mais elles le sont toutes, comme aussi « Tout le monde te connait ». Je n’ai pas besoin de raconter ma vie en interview finalement, tout est dans le disque.

– Au rang des duos, tu as fait appel à Clara Luciani (« Si tu pars, ne dis rien »). Quel souvenir gardes-tu de la Clara débutante que tu as beaucoup encouragée ?

C’est une longue histoire : elle était dans mon groupe, jouait de la guitare et des claviers avec moi. J’ai du monter sur scène environ 70 fois avec elle. On a partagé ce moment fort, où entre musiciens, on s’embrasse et on se prend dans les bras, juste avant d’être sur scène, sachant qu’on va passer deux heures ensemble avec les gens. Ca laisse des souvenirs très forts.

– Avais-tu repéré en elle une artiste prometteuse ?

Oui, c’était évident quand j’ai écouté ses premières maquettes. Dès que je l’ai rencontrée, on a diné ensemble, avec les musiciens et elle. On a passé la soirée à discuter : je l’ai tout de suite trouvée brillante, éveillée, curieuse, sectaire de rien… On a passé beaucoup de temps ensemble, c’est vraiment une amie. Je suis très fier d’elle et très heureux de ce qui lui arrive.

– As-tu d’autres projets avec elle ?

Non, pas pour l’instant.

– Tu as sollicité Pomme sur « Le train du soir », bien avant qu’elle ne soit nommée chanteuse de l’année aux Victoires de la Musique : qu’est-ce qui t’a séduit chez elle ?

Je l’ai découverte après qu’elle m’ait contacté, parce qu’elle aimait une de mes chansons : « Retourner à la mer ». Elle avait fait un post dessus et m’avait invité à venir la voir sur scène. Elle est très singulière. C’est une chanteuse étonnante, très originale. Tout est unique en elle, sa voix, son univers, ses compositions…. Quand j’ai écouté son dernier album « Les failles » et que je suis allé la voir en concert à plusieurs reprises, j’ai eu la confirmation qu’elle n’obéissait à aucune règle. J’adore ça : ils sont peu nombreux les artistes comme elle. Je l’aime vraiment beaucoup.

– On retrouve aussi Arthur Téboul de Feu!Chatterton au générique : quel a été son rôle, son implication sur l’album ?

On a travaillé sur trois chansons ensemble, sur lesquelles j’avais déjà des textes de prêts. Je l’ai sollicité comme compositeur, même s’il ne joue pas d’un instrument dans son groupe et compose plutôt des mélodies à la voix. J’avais envie d’essayer quelque chose de plus rythmé dans l’interprétation, et j’ai pensé à lui parce qu’il vient du Rap. Il sait comment poser sa voix de manière différente. J’aimais l’idée de mélanger cela avec ma propre façon de chanter, plus mélodique et détachée. On a cherché à confronter ces deux approches. Sur d’autres titres, il est simplement intervenu pour faire des choeurs, comme sur « La jetée » ou « Personne n’a rien vu ». C’est un complice à part entière du disque : en gros, on a passé en revue tous les titres ensemble, à la recherche d’idées nouvelles, et cela à plusieurs reprises…

– Après 20 ans de carrière, as-tu le sentiment d’être un modèle, une référence pour ces jeunes artistes ?

Je ne sais pas. Je sais simplement qu’ils aiment bien mes chansons.

– Ta référence à toi reste celle de ton ami Christophe, auquel tu rends hommage avec « Norma Jean » et que tu cites aussi sur « Maquillage bleu »…

Oui, il est très présent sur l’album. « Norma Jean » est le nom des roses blanches qu’il offrait.

– Quel est le dernier souvenir que tu gardes de lui ?

Je m’en rappelle précisément. C’était au tout début du confinement, vers le 20 mars 2020. On s’est envoyé des textos pour prendre des nouvelles. Il voulait savoir si je quittais Paris, mais je lui ai dit que je restais en ville. Il était question qu’on monte ensemble sur scène, pour son concert au Grand Rex, fin avril 2020, comme j’avais pu le faire à la Porte Saint-Martin ou à la Philharmonie de Paris. Il m’a informé qu’il était obligé d’annuler ce concert, et de le reporter en septembre, s’inquiétant de savoir si je serais là. J’étais évidement toujours disponible pour lui. Sa mort est une grande perte : tout le monde aimait Christophe. Comment ne pas l’aimer ?

– Quels sont tes rapports avec Gérard Manset, papa de ta manageuse et dont tu as repris l’album « Solitude des latitudes » en 2015 pour les Francofolies de la Rochelle ?

Je le connais bien, je l’aime beaucoup et on a des rapports d’amitié. Mais ce n’est pas pareil qu’avec Christophe, que je voyais vraiment souvent. On sortait diner, il venait à la maison, on partait faire du bateau ensemble, etc. Avec Gérard, on prend un café de temps en temps. Il est d’un tempérament différent. Déjà, il vit moins la nuit, et la différence de génération entre nous est plus marquée qu’elle ne l’était avec Christophe. J’avais l’impression avec lui qu’on était dans le même mouvement, voire qu’il était plus jeune que moi sur certains points.

– As-tu souvent rencontré Bashung auquel on t’associe souvent ?

Oui, je l’ai rencontré plein de fois et je l’adorais. Je lui ai écrit une chanson sur son disque posthume, mais nous n’avions pas vraiment de rapports d’amitié, même si je suis monté sur scène quelques fois avec lui. On avait monté une petite tournée avec Daniel Darc, Rachid Taha, Jean-Louis Aubert et Cali. Ensuite, il m’avait invité sur une autre tournée avec aussi Arman Meliès, pour faire des guitares et chanter quelques duos. On a fait quelques dates, mais je l’ai très peu connu en fait, et il était déjà bien fatigué à cette époque. 

– As-tu des projets d’écriture de chansons pour d’autres ?

Non, pas pour l’instant. J’aimerais beaucoup écrire et produire un disque entier notamment pour des jeunes, des artistes débutants. C’est cela qui m’éclaterait aujourd’hui, plutôt que d’écrire pour des artistes très confirmés comme j’ai pu le faire par le passé pour Johnny Hallyday, Alain Bashung ou Stephan Eicher.

– Raphaël, c’est aussi un écrivain ; as-tu des projets suite au succès de « Retourner à la mer » ?

Oui, je publie en septembre chez Gallimard, un recueil de nouvelles intitulé « Une éclipse ». J’ai aussi deux projets de romans, mais je ne sais pas quand je les aurai terminés. C’est un travail plus long, et j’aime vraiment avant tout écrire des nouvelles. Il y a déjà beaucoup de romans qui sortent chaque année… Les nouvelles de Tchekhov, de Joyce ou de Kafka, sans vouloir me comparer à eux bien entendu, sont ce que j’ai lu de plus beau dans ma vie.

– Peut-être parce que c’est un exercice différent, qui se rapproche de l’écriture d’une chanson…

Peut-être en effet, celui de raconter une histoire dans un format assez court finalement.

– Tes liens avec le monde du cinéma sont nombreux ; as-tu des projets plus ambitieux pour le 7ème art ?

Oui, le cinéma m’attire énormément : j’ai un projet d’écriture de scénario et de réalisation, mais ce n’est pas encore assez mur pour en parler. J’adorerais faire un film, mais rien n’est encore certain pour l’instant. Jusqu’ici, j’ai beaucoup aimé composer des musiques de films (« Un voyage » et « Aspahlte »  de Samuel Benchétrit, « Les cow-boys » de Thomas Bidegain). J’adore le cinéma qui m’a beaucoup manqué ces derniers mois : j’ai à peine eu le temps de voir « Drunk » entre les deux périodes de confinement…

– Aussi objectif que tu puisses l’être, qu’as-tu pensé de Mélanie Thierry dans la série « Thérapie » sur Arte ?

Beaucoup de bien, elle est vraiment formidable ! (rires). Mais je savais qu’elle jouait bien. J’ai toujours été admiratif de son intelligence, de son approche de l’âme humaine dans chacun de ses précédents rôles. Elle est aujourd’hui en pleine possession de ses moyens d’actrice. Elle est magnifique et fait ce qu’elle veut.

– Mélanie a été couverte d’éloges  pour ce rôle : existe-t-il une forme d’émulation réciproque, quand on est un couple d’artistes ?

Oui, mais surtout ça me rend très fier et très heureux pour elle de voir à quel point elle s’épanouit dans son travail.  Elle est heureuse de pouvoir être impliquée dans de beaux projets, avec de grands réalisateurs, d’avoir accès à tous les rôles qu’elle désire. Elle a passé un nouveau cap dans sa carrière avec cette série, je pense.

– Tu as fêté 20 ans de carrière : quel regard portes-tu sur le jeune Raphaël qui chantait « Hôtel de l’univers » ?

Pour ce premier album, je n’avais pas encore l’expérience de la scène, qui est venue plus tard. J’étais un peu maladroit, mais j’en garde le souvenir de beaux moments. 

– Quels conseils lui donnerais-tu ?

Je ne sais pas. Je trouve que sa discographie est plutôt pas mal, qu’il a pu faire des disques très différents, qu’il a osé faire des choses au moment où il a eu envie de les faire. Alors bien sûr, il y a peut-être une ou deux erreurs que je lui conseillerais d’éviter … Il y a bien quelques chansons dispensables et un disque moins risqué, « Je sais que la Terre est plate »,  que j’aime un peu moins. Mais j’aime tous les autres, y compris « Anticyclone », qui a moins bien marché et qui était parfois plus académique, plus classique. C’est en tout cas le reproche que l’on m’en a fait dans mon entourage. Cela dit, je l’aime toujours beaucoup, notamment les chansons « Cet amour » et « retourner à la mer », même si ce nouvel album me ressemble davantage. Je me sens mieux dans mes pompes pour en faire la promo. Mais rien de grave, ce ne sont que des chansons et la démarche générale a été honnête, faite de recherches avant tout… 

– Selon toi, quelles sont les 3 chansons que le grand public a retenues de toi ?

Sans doute les tubes et les chansons les plus diffusées en radio : « Caravane », « Dans 150 ans », et « Ne partons pas fâchés ».

– Et tes trois préférées à toi ?

Je dirais « Le bar de l’hôtel », « Personne n’a rien vu », et « Ne partons pas fâchés »… Mais il y en a tellement. Sur chacun de mes albums, il y a toujours eu une ou deux chansons que j’adore ! 

Propos recueillis par Eric Chemouny

Photos : Arno Lam (DR)

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