L’interview

« À livre ouvert » 

de GAEL FAURE

Les 19 et 20 octobre dernier, Gael Faure, accompagné du comédien Nicolas Martel, choisissait le cadre intime de la Maison de la Poésie pour présenter au public parisien « Le bruit du blé », un magnifique spectacle d’une forme inédite autour de l’oeuvre de Jean Giono, dans lequel s’entrelacent des textes choisis de l’écrivain et ses propres chansons, dont certaines issues de son album « Regain », avec pour dénominateur commun, un attachement fort à la terre et aux racines. Très engagé sur le sujet de l’urgence écologique, l’artiste ne pouvait trouver meilleur maitre à penser que le grand sage et immense poète qu’était Giono… Alors qu’il s’apprête à promener son spectacle en tournée (que nous avons vu et adoré !) afin d’éveiller les consciences, encore et toujours, Gael le passionné de lectures, était l’invité idéal pour cette nouvelle rubrique de Je Suis Musique, l’interview « à livre ouvert » …

– Enfant, quel est ton premier souvenir de lecture ?

Toute la série « Chair de poule » et notamment « Leçon de piano et piège mortel» 😉

– Le dernier livre que tu as acheté ?

« Rondeur des jours » de Jean Giono ! (mon but étant, ceci dit, d’avoir tout la collection dans des éditions diverses 🙂

– Le dernier livre que tu as aimé / offert ?

« Lettres aux paysans sur la pauvreté et la paix » de Jean Giono.

– Le dernier livre qu’on t’a conseillé ?

Alors, c’était plutôt un cadeau de première du spectacle  « Le bruit du blé », « Narcisse et Goldmund » de Hermann Hesse.

– Ton livre de chevet ?

« le temps de méditer » de Christophe André.

– Celui que tu n’a jamais réussi à terminer ?

La Bible.

– Es-tu amateur de biographies de célébrités ? laquelle par exemple ?

« Leonard Cohen par lui-même ».

– Ton endroit favori pour lire ?

Dans mon salon, dans des salons, un peu dans mon lit. Mais pas trop dehors, car dehors je suis happé par trop de choses qui m’entourent.

– Es-tu plutôt papier ou numérique ?

Papier recyclé. Non mais papier, clairement, sinon à quoi bon ? Toute l’âme est là-dedans. Giono, par exemple, pour ne citer que lui bien sûr, écrivait sur un grammage particulier et uniquement sur du papier jauni.

– Plutôt plusieurs livres en parallèle ou un seul à la fois ?

Malheureusement plusieurs, j’ai du mal à être fidèle en livre…

– Plutôt Fnac/Amazon ou libraire de quartier ? Une adresse à conseiller ?

Clairement librairies de quartier, c’est beaucoup trop important !!! Quand j’habitais Paris, rue Saint-Maur je fréquentais une belle librairie chaleureuse «  Libralire », sinon celle rue Léon Frot «  La friche » magnifique aussi, et également vers le studio Ferber où j’ai passé quelques heures… une nouvelle librairie très chouette, ils y vendent des chaussures de montagne dingues d’ailleurs ! Elle s’appelle «  la toute petite librairie », superbe. Maintenant je vais dans une librairie associative dans mon village de la Drôme provençale et ils ont des pépites ! Je viens de me procurer une version de « Regain »de Giono, assez folle ! Pour 2 euros, évidemment… trésors des librairies indépendantes !

– Quel est ton écrivain classique préféré ?

André Gide, « les nourritures terrestres » : fou !

– Ton philosophe préféré ?

Edgar Morin ! Quel être… 99 ans…

– Ton poète préféré ?

Jean Giono… Oh que oui ! Il y a tout, CE N’EST PAS UN ECRIVAIN REGIONALISTE,  (SEULEMENT) POUR LES PAYSANS OU POUR LES CAMPAGNARDS ! C’est d’une puissance folle… C’est un magicien : il fait tout naître et tout renaître. Tout est vivant, tout prend forme et vie, avec Giono. Le ciel, par exemple, a un importance quasi-vitale dans ses romans : rien ne se passe jamais sans que l’on puisse sentir ou ressentir où l’on est, entouré de quoi, de qui, tantôt une nuit enveloppante et veloutée, tantôt un soleil écrasant toute la croûte claire de la terre, ou encore le vent.. Le vent bleu qui galope et grimpe dans le corps en traversant les reins… J’adore comme il fait passer le lecteur d’une émotion à une autre ; j’adore comme parfois l’émotion est telle, que ça te fait t’arrêter de lire. Bref, un grand poète, un peu comme une sublime peinture ou sculpture, ou un grand film. 

– Ton dramaturge préféré ?

Encore un Jean, mais Racine cette fois-ci !

– Ton romancier contemporain préféré ?

François Cheng  « Le dit de Tian-yi », poète inclassable également. Et puis, rien à voir, mais j’adore aussi Nancy Huston : « l’espèce fabulatrice », superbe !

– Ton dessinateur BD préféré ?

Charles Berberian, tiens ! Ha si ! sinon, Jacques Ferrandez, qui a d’ailleurs mis en BD «  Le chant du monde » de Giono , magnifique !

– Ton/ta héros/ héroïne de la littérature préféré(e) ?

Scarlett O’Hara dans « Autant en emporte le vent » : rigolez, rigolez ! Mais puissante la cocotte !

– Es-tu plutôt Jean-Paul Sartre ou Albert Camus ? Un titre ?

Camus, « Le premier homme»…

– Plutôt Françoise Sagan ou Marguerite Duras ? Un titre ?

La grande Duras, « le ravissement de Lol V. Stein» …

– Plutôt Guillaume Musso ou Marc Lévy ?

Je ne sais pas ce qui est pire… les écrans ou ça.

– Qu’aimerais-tu demander à Amélie Nothomb si vous deviez dîner en tête-à-tête ?

Si sa styliste est en dépression… que de noir enfin !

– Et à Bernard-Henry Levy ?

Si ça ne le déprime pas trop d’être lui, jour après jour, et de devoir s’écouter continuellement ! Arrêtons de donner de l’importance à ces gens…

– Quel est le poète dont tu aimerais mettre en musique un texte ? Un poème en particulier ?

Hubert Reeves est un astrophysicien et j’adorerais colorer un peu ses mots avec quelques notes, mais en même temps, c’est trop délicat tout ça… On peut salir des mots avec de la musique. Pour « Le bruit du blé » mon spectacle sur Giono, on s’est vraiment gardé de le faire. Il y a un tout petit moment qui entremêlent le texte et quelques notes, mais très peu finalement.

– Quel est ton film préféré adapté d’un roman ?

Je pourrais évidemment dire « Le parfum », mais le roman de Patrick Süskind est tellement brillant…

– Serais-tu tenté d’écrire un roman comme Olivia Ruiz, Joseph d’Anvers ou Jeanne Cherhal ?

J’ai déjà assez d’écrire des chansons… non, je ne pense pas.

– Tiens-tu un journal intime ?

Non, mais je comprends qu’on le fasse.

– Quand tu seras plus vieux, si tu devais publier une autobiographie, quel en serait le titre ?

« Terre brûlée au vent, des landes de pierres, autour des lacs, c’est pour les vivants un peu d’enfer, le Connemara ». Bien sûr…

Propos recueillis par Eric Chemouny

crédit photos : Kathia Saul (DR)

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