ALOISE SAUVAGE

« Dévorantes »

(Initial Artist Services / Universal Music)

Il est enfin là, l’album le plus attendu de cette nouvelle génération d’artistes qui a des choses à dire et surtout qui ose ! Il est fini le temps où les contestataires étaient marginalisés et s’enfermaient dans des sous-genres musicaux politisés et il est enfin arrivé celui où ne pas être d’accord avec les conventions n’est pas une provocation mais un mode d’expression autant démocratique qu’artistique. Suivant les pas de Diam’s, d’Orelsan ou plus récemment d’Eddy de Pretto, d’Angèle ou de Suzane pour ne citer qu’eux, Aloïse Sauvage sort son véritable premier album de intitulé « Dévorantes », un an après un premier EP exaltant « Jimy » (que nous avions chroniqué et que vous pouvez relire ici).

De cet EP précurseur subsistent sur l’album 2 des 5 titres : « Jimy » et « A l’horizontale » auxquels s’ajoutent 9 autres morceaux incandescents qui dévorent la vie, en avalent ses problèmes enrobés de mélodies urbaines, comme autant de promenades écorchées vives dans les rues d’un monde que la jeune artiste pointe du doigt, incisive et entière.

« Dévorantes », dans lignée exacte de son « Jimy » est à l’image d’Aloïse Sauvage : un prénom doux comme un agneau accolé à un nom primat, qui n’hésite pas à se battre face à la bêtise, comme si la jeune artiste multi-talents, pourtant timide, évoluait sur le ring de la vie, défendant ses convictions, ses combats, sa liberté et sa vie de battante, comme ceux des autres. « Dévorantes » est à l’image de son lumineux visage qui affiche un sourire totalement désarmant et un regard gourmand mais qui soutient celui des autres. Elle est capable de faire la vie dure à l’intolérance et de mener le combat de toute une génération, à l’instar de sa participation à l’un des films les plus emblématiques de ces dernières années, « 120 BPM ». Ce sont ces mêmes paradoxes qui font la grande réussite de cet album et que l’on retrouve dans la dualité des mélodies urbaines qui tranchent avec les textes qu’elle a entièrement écrits. Productions parfaites et homogènes, ses chansons racontent ses amours et ses aléas, comme le formidable « Toute la vie », ses fulgurances, ses peurs, ses envies, l’appétit de ses rêves et de ses espoirs distillés dans cet opus, et qui se concentrent tout d’un coup dans l’intense « Dévorantes » qui clôt cet album, mais aussi les émois d’une société qui doit évoluer, comme sur « Omowi », le nouveau single qui pointe du doigt l’homophobie, cru et sans détour.

Enfermée dans ce format 33 tours comme dans un lion en cage, Aloïse Sauvage laisse entrevoir cette rage de vivre propre à toute cette génération d’artistes qui s’expriment principalement sur la scène peut-être, plus que tous les autres, si vitale pour elle. Qu’elle soit sur celle d’un cirque, d’un concert, d’un set de cinéma, ou d’un plateau de télé, elle avale ces monstres de mètres carrés comme elle dévore la vie. Alors, face à ces grands espaces de jeu, on sent que cet album n’est que le point de départ, déjà fourmillant, d’un formidable terrain d’expression, preuve déjà tangible de sa nomination méritée aux dernières Victoires de la musique dans la catégorie Révélation Scène.

Prête à dévorer l’année, Aloïse Sauvage va donner cette autre dimension à son album sur les scènes de France, avant une grande tournée d’été. Préparez-vous à être dévoré sans vous en rendre compte…

Gregory Guyot


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