ZAZIE

La conscience en liberté

Depuis ces 3 soirées intimes en guise de préliminaires à son «Essenciel Tour », condensé approuvé de cette nouvelle tournée, Zazie a une fois de plus réussi à conjuguer une fidélité absolue à un style en roue libre qui lui est si propre et imperceptiblement particulier, un ancrage dans une réalité humaine et sociale qui s’affine de plus en plus à chaque nouvelle tournée, et une exigence musicale sans cesse remise en question, challengée par la brillante Edith Fambuena et ses acolytes. Preuve olympienne d’une forme qui n’en était pas moins, Zazie a bousculé les fauteuils rouges de l’Olympia et nos consciences avec…

En soi, assister à un concert de Zazie est à la fois l’assurance de ne jamais être déçu par l’artiste, tant le confort d’une apparente bordélique exigence est assurée, et tant on a la garantie d’en ressortir grandi, rasséréné de valeurs d’humanité sans prosélytisme ni ton professoral que l’exercice peut laisser craindre et sur lequel d’autres se sont brisés les porte-voix.

D’emblée, la grande Zorro avec son beau chapeau, seul artifice d’une artiste sans fards, attaque avec « 20 ans » (extrait de « Cyclo » qu’elle va mettre à l’honneur de ce tour de chant partisan), à peine arrivée sur la pointe des pieds pour une fois chaussés. Et c’est parti au quart de tour, elle chante « Et je danse, je danse, Secoue, secoue ce monde qui s’endort », en soi, un excellent résumé de sa setlist, l’une des plus équilibrées qu’elle ait proposée, l’une des plus engagées aussi, même si en filigranes, on percevait déjà dans toutes ses tournées cette convergence vers des sujets plus humains.

Pourtant, aucune tournée, jusqu’à présent, n’avait tenu ce fil social aussi tendu et cohérent, empruntant chaque morceau choisi à une discographie plus riche qu’il n’y paraissait en la matière. La conscience en liberté, Zazie a taillé ce tour de chant pour réveiller les nôtres dans un concentré d’intelligence et de folie mélangées, sacrifiant aussi quelques tubes attendus comme « Tout le monde », sautant par la même occasion quelques albums pourtant chers à son public comme « Made in love », préférant donc ouvertement la gravité d’un « Cyclo ». Zazie, c’est la patronne et qu’on se le dise : elle fait ce qu’elle veut.

Cette audace stratégique et engagée permet de se rendre compte qu’après toutes ces années, ce qu’on nous murmurait à l’oreille était vrai : Zazie n’est pas seulement une chanteuse, c’est une vraie troubadour qui parcourt les chemins de nos valeurs, de nos démons, de notre planète autant que celles de notre intime : la déchéance, la rue, la drogue, le suicide, l’argent, le couple, la vie, la mort qui s’incarnent dans des chansons qui sont devenues des tubes, des hymnes malgré leurs messages transmis : « Rodéo », « Rue de la Paix », « L’addition », « Je suis un homme » son plus gros tube ou encore « J’étais là » avec son indécente reprise en coeur de son refrain effrayant.

Heureusement, Zazie sais aussi chanter les sentiments comme sur le très attendu « Nos âmes sont ». Bouleversante. Après tout, même si ça larsen, zen, restons zen!

Laissant peu de place à la surprise malgré tout, Zazie change un titre par soir ou invite un ami, comme Axel Bauer venu (et revenu) chanter « A ma place », rappelant à quel point Zazie est une rockeuse dans l’âme, une partenaire hors pair, quand il s’agit de nouer les sentiments.

Chanson après chanson, chemin faisant, on le voit, on le sent, on le chante même avec elle, Zazie a vu le monde s’abîmer comme elle le chante, avec une voix qui prend de plus en plus de relief, renouant avec ses effets brisés qui lui sont si intimes. Elle n’a plus besoin d’esbrouffe, imposant tout juste son grand chapeau noir du début qu’elle retente plus tard : entre les années qui passent et les fulgurances de chaque scène, et il faut la voir, malicieuse et émue comme au premier jour par les applaudissements nourris malgré la noirceur de ses mots, dont triomphe encore sa poésie moderne, pour finir par se dire qu’elle a raison, Zazie : elle a 20 ans jusqu’au bout de la vie… et peut-être bien que nous avec.

Gregory Guyot


Crédit photos: Gregory Guyot (DR / @I_am_Gregg / JSM)


Setlist Olympiades novembre-décembre 2019 : 20 ans / Garde la pose / Waterloo / I love you all / Zen / Encore heureux / Tout / Nos âmes sont / Larsen / L’addition / Je suis un homme / Mademoiselle (ou) Veilleurs Amis / J’étais là / Cyclo / Des rails / Rue de la Paix / Toc Toc Toc / Rodéo // rappel : Va chercher / Speed / J’envoie valser + A ma place (en duo avec Axel Bauer)



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