JOHNNY & SYLVIE

Souvenirs, souvenirs…

par Jean-Marie Périer

Photographe, réalisateur, auteur, homme de scène et désormais éditeur avec la création de la marque « Loin de Paris » qu’il dirige, Jean-Marie Périer demeure le symbole des années « Salut Les Copains », celui qui a marqué de son empreinte ces fameuses 60’s, en façonnant l’image d’une génération d’artistes en herbe, devenus grâce à ses photos légendaires des icônes de la chanson, mais aussi les figures emblèmatiques d’une époque joyeuse, insouciante et néanmoins révoltée et avide de liberté. Nous l’avons rencontré à l’occasion de la sortie de son beau livre, « 1960-1970 », préfacé par Patrick Modiano, et rassemblant 400 clichés de stars françaises et internationales, dont 150 inédites, d’une modernité toujours aussi éclatante : une véritable « pléiade », dont nous avons sélectionné 8 portraits, prétextes à évoquer avec l’éternel jeune homme de 80 ans, ses meilleurs souvenirs avec ses copains Françoise, Sylvie, Johnny, Jacques, et les autres.

– Dans quelles circonstances avez-vous fait cette photo si solaire du couple ?

C’était en 1968 lors d’un voyage à Rio. J’étais avec mon assistante, Johnny et Sylvie. Je trouve toujours cette photo merveilleuse de fraicheur et de gaité. Ils sont d’une beauté renversante tous les deux…

– Vous les avez souvent photographiés ensemble, mais vous avez surtout eu le privilège de faire leur première photo officielle ensemble en 1963 à Strasbourg !

Oui, c’était merveilleux. Ils m’avaient demandé de les photographier pour annoncer officiellement leur relation, en pensant qu’on les laisserait tranquilles ensuite. Je suis allé à Strasbourg, et nous avons fait ces photos de nuit dans les rues de la ville, après le spectacle. Trois jours plus tard, une meute de photographes était à leurs trousses (rires). Ce qui est fou dans mon histoire avec eux, c’est qu’ils m’ont ensuite demandé d’être le témoin de leur mariage (le 12 avril 1965). C’était d’une gentillesse énorme. C ‘était une idée de Sylvie au départ, mais c’est Johnny qui me l’a proposé. Le plus incroyable, c’est qu’ensuite ils sont partis en voyage de noces aux Canaries, et m’ont emmené avec eux. On n’était que tous les trois à leur voyage de noces, et je suis resté tout le temps du séjour avec eux : c’était insensé, quand on y repense (rires) !

– De fait, en tant que témoin, vous avez été privé d’immortaliser leur mariage et de faire des photos ; vous ne le regrettez pas ?

Pas du tout, et aussi incroyable que cela puisse paraitre, je n’ai pas fait de photos de leur mariage. Ca ne m’intéressait pas ; c’était la réalité ! Et puis, j’étais tellement ému d’être là, que je ne pouvais pas en faire.

– Quand ils se sont séparés et ont divorcé, le 5 novembre 1980, avez vous eu le sentiment qu’une page était tournée, que le temps de l’insouciance était révolu ? 

Oui, ils incarnaient pour moi le couple emblématique de la jeunesse d’une génération. Ils le sont toujours à mes yeux. D’autant qu’après, je n’ai pas connu les autres femmes de Johnny. J’ai l’impression que la seule qui lui a vraiment fait du bien est Nathalie Baye : elle a essayé de l’élever au niveau qu’il méritait, notamment comme acteur. Je ne la connais pas personnellement, pour ne l’avoir croisée que trois fois, mais je garde cette image de Nathalie. Je ne connais pas les autres et ça ne m’intéresse pas. A mes yeux, Johnny et Sylvie restent inséparables…

– Cela ne doit pas vous surprendre alors que 40 ans après leur divorce, ils restent un couple emblématique dans l’imaginaire collectif…

Oui, ça ne me surprend pas : ils restent LE couple. Leur histoire est tellement incroyable… Voilà deux mômes, qui sont deux immigrés à la base, et qui finissent par représenter la jeunesse de France. Leur histoire était inimaginable pour aucune attachée de presse. Ils se sont rencontrés,ont été vraiment amoureux et se sont mariés : que demander de plus ?

– Votre photo la plus célèbre, reste celle de tous les artistes de l’époque réunis autour de Johnny et Sylvie pour Salut Les Copains…

C’était une idée de Filipacchi au départ, de réunir tous les artistes autour de Johnny et Sylvie pour les 5 ans du journal. Cela a pris trois semaines pour tout organiser, et être certain que tous seraient présents, en dehors de Franck Alamo qui était à l’armée. On avait même du envoyer un avion privé pour aller chercher Johnny qui était loin, car il était hors de question qu’il ne soit pas là. J’avais fait exprès de laisser trainer une échelle dans le décor. Il ne s’agissait pas de vexer les autres, parce qu’il y avait des artistes présents qui vendaient autant de disques que lui, comme Richard Anthony ou Claude François. Mais dans mon esprit, j’avais décidé qu’il fallait le mettre au dessus. J’avais bien installé tout le monde, et à la dernière minute, j’ai demandé à Johnny de monter d’un cran, prétextant que je ne le voyais pas bien. Je suis assez fier de cela, je ne m’étais pas gouré sur la place qu’il allait prendre dans la musique !

Propos recueillis par Eric CHEMOUNY


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