EDDY MITCHELL

Souvenirs, souvenirs…

par Jean-Marie Périer

Photographe, réalisateur, auteur, homme de scène et désormais éditeur avec la création de la marque « Loin de Paris » qu’il dirige, Jean-Marie Périer demeure le symbole des années « Salut Les Copains », celui qui a marqué de son empreinte ces fameuses 60’s, en façonnant l’image d’une génération d’artistes en herbe, devenus grâce à ses photos légendaires des icônes de la chanson, mais aussi les figures emblèmatiques d’une époque joyeuse, insouciante et néanmoins révoltée et avide de liberté. Nous l’avons rencontré à l’occasion de la sortie de son beau livre, « 1960-1970 », préfacé par Patrick Modiano, et rassemblant 400 clichés de stars françaises et internationales, dont 150 inédites, d’une modernité toujours aussi éclatante : une véritable « pléiade », dont nous avons sélectionné 8 portraits, prétextes à évoquer avec l’éternel jeune homme de 80 ans, ses meilleurs souvenirs avec ses copains Françoise, Sylvie, Johnny, Jacques, et les autres.

– Où avez-vous pris cette photo d’Eddy ?

C’ était vraiment aux Etats Unis. J’insiste là-dessus, parce qu’il faut dire que je l’avais d’abord connu dans un village Western du sud de la France en 1969. C’est incroyable de se dire aujourd’hui que ce type, qui est certainement celui qui a le plus de recul, d’humour et de cynisme, était d’un tel premier degré à l’époque. Il se rendait en vacances dans ce village avec des Français à la fine moustache qui faisaient semblant de se frapper sur la tronche comme des cowboys, pendant que les mamans demandaient aux gosses de laisser les papas jouer tranquilles. C’était extraordinaire ! Je l’ai vu tellement emballé par l’Amérique, avec une telle connaissance du cinéma, que j’ai dit au journal qu’il fallait qu’on l’y emmène. Il est allé aux Etats-Unis, dans l’Ouest américain, pour la première fois de sa vie dans ces circonstances. Il en est revenu déçu, mais déçu, comme vous n’imaginez pas. Il pensait qu’il allait se retrouver projeté dans un film de John Ford. Or ce n’était que l’Amérique… Il a réalisé que tout ce qu’il croyait connaitre de l’Amérique, était totalement faux. 

– Imaginiez-vous qu’il serait aussi attiré par le cinéma ?

Oui, parce qu’il en parlait déjà énormément. Je n’imaginais tout de même pas qu’il deviendrait le mec qui présente « La dernière séance « . Entre parenthèses, c’est le titre d’une des plus belles chansons françaises qui soit… Eddy est formidable comme acteur. Curieusement, alors que c’est celui qui a le mieux « réussi », qu’il a fait une belle carrière au cinéma et écrit des chansons absolument formidables, je ne le sens pas heureux… je ne sais pas pourquoi.

– Dans les années 60, ressentiez-vous une compétition amicale entre Eddy et Johnny pour être le numéro 1 ?

Non, vraiment pas. Au contraire, ils ont vite été très proches. Eddy était vraiment un des rares amis de Johnny, à la différence de tous ces gens qui se sont vantés d’être son ami après sa mort, tous ces crétins qui sont allés jusqu’à dire : c’était mon frère !  Je n’a pas arrêté d’entendre des mecs dire cela depuis 1962. Ca lui aurait fait une putain de famille nombreuse à Jojo ! Je ne me le serais jamais permis. Je ne sais même pas si j’étais son ami. Ce terme est très galvaudé dans ce métier. Seuls Eddy et Jacques peuvent l’affirmer. Jean-Jacques Debout, également. Je peux simplement dire que j’avais de la tendresse et de l’estime pour Johnny, et qu’il me l’a toujours bien rendu. C’est déjà énorme ! En réalité, je ne vois pas comment on peut de se prétendre l’ami de Johnny, car importe qui pouvait être l’ami de Johnny pendant un quart d’heure. J’en ai vu défiler des amis d’un soir… Mais ils ne savaient pas qu’ils les oubliaient complètement quelques minutes après. Il était terriblement seul au fond, mais ne pouvait pas vivre seul. Il avait besoin d’être tout le temps entouré, comme un môme qui ne vivait et n’existait que dans le regard des autres… Je l’ai souvent vu changer de rôle dans une même journée, en fonction des gens qui l’entouraient… 

– Avez-vous vu Eddy, aux côtés de Johnny et Jacques dans le spectacle des « Vieilles Canailles » ?

Oui, et c’était la dernière fois que j’allais au spectacle d’ailleurs. Cela fait trente ans que je n’y vais plus. Avant eux, c’était Prince… C’est dire si ça fait un moment. J’étais forcément ému de les retrouver ensemble, mais j’étais aussi énervé : j’ai essayé toute ma vie de faire une photo de la bande du square de la Trinité, avec Françoise et les trois autres. je n’y ai jamais réussi, après avoir pourtant beaucoup essayé dans les années 80-90. C’était impossible de les réunir pour diverses raisons. Ça reste un de mes grands regrets…

Propos recueillis par Eric CHEMOUNY


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