ROBI

« Traverse »

(Fraca!!!)

Mine de rien, c’est déjà le troisième album de Robi qui sort ces jours-ci, succédant à des albums remarqués, salués et récompensés et mine de rien, il est le point d’orgue d’une année assez dingue, où la discrète a fait beaucoup de vagues, médiatisant la création de son label FRACA!!! (contraction de Fraternité Cannibale !!!), un label 100% girl power pour lequel elle s’est associée à Emilie Marsh et Katel pour tout fraca…sser ! Un label d’artistes mené par des artistes, ça a de quoi séduire ! Chacune à son tour livre une collection de chansons envoûtantes, entre Rock et Pop, se promenant dans les méandres des jeux de l’amour et de la mort. Cette femme orchestre ajoute ainsi une nouvelle brique intéressante à une carrière déjà très prolixe : auteure inspirée, compositrice sensible, chanteuse délicate, mais aussi réalisatrice (des clips de Maissiat, de Maud Lübeck pour ne citer qu’elles), avec FRACA!!! elle va se mettre en scène, révéler et accompagner en parallèle le talent des autres.

Mais aujourd’hui, c’est à son tour, épaulée par Auden, de nous révéler son nouvel album intitulé « Traverse », un recueil de 10 chansons Pop, sombres et délicates, à l’atmosphère à la fois légère comme la plume, et pesante comme l’orage.

Inspirée par le son des années 80, lorgnant sur des accords Cold Wave (on pense à Joy Division en tête) dont on sent ici la lente évolution vers un Trip Hop électronisant, comme Archive au milieu des années 90 (sur leur premier album « Londinium »), Robi pose sa voix précise et séduisante sur ces nappes musicales, qui n’est pas sans rappeler parfois le timbre d’une Barbara, enrobant chaque mot dans une voix de velours, sans jamais chercher à en imiter les intonations. Autres points communs avec la grande dame en noir : on retrouve son obsession du temps qui passe, de la mort au bout du chemin, de la solitude, des hommes laissant néanmoins percer quelques passages lumineux.

L’album commence par le premier single, « Le soleil hélas », message de la chanteuse à ses enfants et va parcourir le côté ténébreux des sons électroniques, vestiges d’une vie nocturne à refaire le monde et qui se termine comme une fête avec son titre le plus lumineux, malgré son sujet macabre : « La belle ronde » dans la nostalgie Ska d’une jeunesse passée.

Dans ce voyage musical aussi sombre que les profondeurs des grands océans, Robi a embarqué avec elle de très bons capitaines : Auden qui l’a épaulée dans cette aventure, Katel qui réalise « Impatience et paresse », mais aussi Valentin Durup et Hervé qui ont arrangés respectivement « Chambre d’embarquement » et « Traverse », qu’a co-écrit Mélanie Isaac.

Riche de ces associations, « Traverse » risque fort d’enfin révéler Robi à un public plus large, prêt à se laisser envoûter par cette sirène de la nuit.

Gregory Guyot

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