LES 35émes FRANCOFOLIES DE LA ROCHELLE :

Jour après jour…

Du 10 au 14 juillet, se tenaient à La Rochelle, les 35èmes Francofolies ! Entre grandes fêtes populaires sur la scène Jean-Louis Foulquier, concerts plus intimistes en salles, spectacles gratuits de jeunes talents sur le port, projections de films, rencontres entre professionnels au café Pollen, et débats sur la chanson en entrée libre, les Francos ont tenu, plus que jamais, leurs promesses et leur réputation de plus grand festival de musique en France, réunissant plus de 150.000 spectateurs. Nous vous en avons rapporté, jour après jour, nos plus intenses souvenirs et quelques jolies cartes postales musicales… 

Jour 1 :

En ce jour d’ouverture, alors que l’on rencontre Angèle en début d’après-midi pour une séance photo improvisée avec la nouvelle idole des jeunes, on peut assister également à une conférence du très convaincant Cyril Dion, au village Francocéan, tout entier dédié à la défense du milieu marin en danger grandissant, une nouveauté bienvenue de cette édition 2019. Plus musicalement, le choix est large avec la fraiche et sympathique Chine Laroche qui fête ses premières Francos, suivie de la belle Camélia Jordana, toute de blanc vêtue, venue présenter un concert construit autour de son dernier album « Lost » récompensé aux Victoires, et tout en sensualité orientale. Leur succèdera à 18h au théâtre Verdière, un Bertrand Belin, toujours aussi intense et élégant dans son spectacle bien rôdé à l’Olympia et en tournée.

Quant à la grande scène Jean-Louis Foulquier, elle affiche complet depuis longtemps : il faut dire que le programme en met plein la vue… Radio Elvis, avec son leader Pierre Guenard, toujours aussi smart ouvre le bal, avant Gaëtan Roussel venu chanter avec beaucoup d’humilité et d’énergie un best of de sa carrière impressionnante, tant en solo qu’avec Louise Attaque. Lui emboite le pas une Angèle en pleine forme, vêtue d’un top fluo flashy du plus bel effet jusqu’au dernier rang des gradins. Devant une foule connaissant toutes ses chansons sur le bout des doigts (« La loi de Murphy », « Tout oublier », en duo virtuel avec son frère Roméo Elvis sur écrans géants, ou encore « Balance ton quoi »), elle ne ménage pas son énergie, entourée de ses quatre danseuses et ses deux musiciens, pour donner le meilleur d’elle même sous des éclairages somptueux, en grande professionnelle qu’elle est déjà !

Et c’est Matthieu Chédid, grand habitué des Francos qui clôture la soirée, tout seul en scène, comme dans un gigantesque laboratoire musical, jouant de son double visage, entre docteur Jekyll et Mister Hyde, Matthieu ne tardant pas à endosser le flamboyant costume de M pour le plus grand bonheur de ses fans, venus chanter en choeur ses hymnes générationnels, de « Je dis aime », à « Qui de nous deux », ou « La Seine ».

Matthieu Chedid

Jour 2 :

Mis en jambes par la soirée de la veille, le jeudi 11 nous réserve encore bien des surprises ! Dès 12h30, au café Pollen destiné aux professionnels, Les Francos de Montréal, venues en délégation avec son programmateur Laurent Saulnier, nous présentent Caracol et la blonde platine Eli Rose. Dès 15h, on découvre le prometteur Arthur Ely (prix coup de coeur du club Francos) au théâtre Verdière, laissant place à la délicieuse Vendredi sur Mer, toujours aussi festive et chaleureuse sur ses succès « Ecoute Chérie » ou « Chewing Gum ». Dans la foulée, on file écouter La Chica et surtout Corine, sur la scène gratuite de l’Horloge, face au port. Malgré le soleil écrasant et l’heure avancée, la belle et ses musiciens se présentent glam’ et paillettes à souhait, comme à leur habitude. Devant un public jeune et gay friendly venu pour sa nouvelle icône, la « fille de ta région », aligne ses chansons rétro-disco avec un humour et un sex appeal à faire fondre les derniers réfractaires : « Il fait chaud », «Pourquoi pourquoi », « Maquillage »…  

Pendant ce temps, à la maison des Francos, Didier Varrod s’entretient avec Cali, Bertrand Belin et Gaëtan Roussel sur le thème des « Maux d’auteur », et la façon dont un artiste alimente (ou pas) son oeuvre de ses propres démons… Un peu plus tard, on s’étonne de croiser le président François Hollande, venu inaugurer à la Tour de la Chaine la conversation, « J’ai la mémoire qui chante », sur les chansons qui ont marqué sa vie… On le savait déjà fan de La Grande Sophie, et d’Alain Chamfort… Inattendu et amusant !

Enfin, Alma Forrer et Kimberose se partagent la scène du théâtre Verdière pour leurs premières Francos, tandis que Buridane et Dick Annegarn jouent dans l’intimiste Salle Bleue, et que, plus tard en soirée Synapson, Deluxe, Hocus Pocus, Christine and The Queens et The Blaze se partagent l’esplanade.

Mais notre préférence va, ce soir-là, à la création d’André Manoukian à l’occasion des 35èmes Francos : le compositeur / pianiste propose de rendre hommage aux grands noms de la chanson française en revisitant des tubes ayant construit la légende du festival depuis juillet 1985, anecdotes à l’appui… Pour ce faire, il s’est entouré des solistes de l’orchestre Lamoureux, de Barbara Carlotti, Elodie Frégé, Tim Dup, Maissiat, Cali, et Ben Mazué, reprenant en solo ou à plusieurs les mega-tubes de Véronique Sanson, Jacques Higelin, Hubert-Félix Thiefaine, Nino Ferrer, Charles Aznavour, Stephan Eicher, Rita Mitsouko, Henri Salvador, M, Léo Ferré, Benjamin Biolay, Maurane, Johnny Hallyday, Alain Bashung, Francis Cabrel, Renaud, Barbara, Bernard Lavilliers, Michel Delpech, Stromae, ou Serge Gainsbourg… Plus ou moins à l’aise dans un registre qui n’est pas le leur, ils s’en tirent avec les honneurs, et le public semble aux anges… C’est l’essentiel.

André Manoukian & Friends

Jour 3 :

A 12h30, en guise d’apéritif, Théa et Baptiste W. Hamon proposent chacun un show case très convaincant, dans le cadre des matinales CNV / La Sacem. Baptiste dont on ne dira jamais assez tout le bien qu’on pense de son nouvel album « Soleil soleil bleu », est rejoint sur scène par la fragile et délicate Alma Forrer, le temps d’un duo. L’accord parfait !

Baptiste W. Hamon

En après-midi au théâtre Verdière, c’est le talentueux Hervé qui célèbre ses premières Francos avec les titres très prometteurs de son EP, précédant le groupe Minuit avec Simone et Raoul, les dignes enfants de Catherine Ringer et Fred Chichin. Côté scène de l’horloge, on découvre le rappeur Di#se, venu torse nu, conscient de son pouvoir de séduction auprès des jeunes filles, suivi de Yseult et Terrenoire. Pendant ce temps, Roni Alter se partage la Salle bleue avec Hugh Coltman dans le cadre des Collections particulières. Dans un registre plus Grunge, la sympathique Silly Boy Blue fait forte impression à 18h à Verdière…

En soirée enfin, alors que l’esplanade Saint-Jean d’Acre est livrée aux fans de Rap et de musiques urbaines, avec la présence de Columbine, Aya Nakumara, Lomepal et IAM dont c’est le grand retour en version symphonique, on opte au Grand Théâtre pour un concert, qui s’avèrera être la meilleure surprise de cette édition. Renan Luce, entouré d’une formation classique propose en toute sobriété les chansons de son superbe nouvel album (« Berlin », « On s’habitue à tout »), habilement tissées à ses tubes du passé («La lettre », « Ma voisine », « Monsieur Marcel »…). L’artiste est ici tout en finesse, concision et émotion… Un spectacle magnifique et équilibré, déjà très maîtrisé par le talentueux chanteur revenu au meilleur de sa forme, bien qu’il s’agisse de la première date de sa tournée…

Il est suivi de Béatrice, alias Coeur de Pirate, offrant un best of de 10 ans de carrière, seule au piano, accompagnée d’un quatuor à cordes exclusivement féminin, et tout de blanc vêtu. Un majestueux rideau lamé leur sert d’écrin. Histoire de contrebalancer la gravité de ses chansons mélancoliques, la chanteuse tente avec autodérision quelques incursions humoristiques, à la façon d’un Pierre Lapointe dont elle est fan…


Jour 4 :

On ne change pas les bonnes habitudes : dès 12h30 au café Pollen réservé aux pros, le duo Willow originaire du sud-ouest dévoile un répertoire Folk très plaisant, suivi du jeune rappeur L’August, venu avec quelques fans acquises venues chauffer l’ambiance. Juste avant, on pouvait assister gratuitement à la projection du film « Haut les filles » au cinéma CGR le Dragon, dont nous vous parlions dans le précédent numéro.

En après-midi, Motron et Canine fêtent leurs premières Francos, au théâtre Verdière, tandis qu’on peut assister en concert gratuit et en plein air au tiercé gagnant composé du factieux et provocateur Spider Zed, suivi du toujours magnifique et fiévreux Marvin Jouno, et enfin du québécois androgyne et provocateur Hubert Lenoir… A la Tour de la Chaine, c’est l ‘écrivain Michel Houellebecq qui livre la bande originale de sa vie, dans le cadre du cycle « J’ai la mémoire qui chante ».

Mais pour rien au monde on ne manquerait ce qui se joue salle Bleue dans la cadre des « collections particulières » : Maud Lübeck, toute en délicatesse et fragilité, décline au piano les chansons sublimes de son album « Divine », rejointe par Maissiat et Edward Barrow en choristes de luxe. Alain Chamfort apparait aussi le temps d’un duo d’exception « A deux »… Le dandy lui succède ensuite, en élégant costume blanc cassé, pour un des meilleurs shows de sa carrière ; osons le dire ! Très en forme et détendu comme jamais, il offre un best of de ses tubes (« Manureva », « Géant », « Traces de toi », « Le temps qui court »…), augmenté des superbes chansons de son dernier album, dont le bijou « Les microsillons »… Entre séquences émotion au piano et chansons rythmiques, l’équilibre est parfait ! Du grand art !

En soirée, Broken Back venu tester les chansons de son deuxième album, suivi de LEJ, Boulevard des Airs et enfin Soprano mettent le feu sur la grande scène… Jean-Louis Aubert affiche complet au Grand Théâtre, et ravit ses fans de ses tubes imparables, seul ou du temps de Téléphone, n’hésitant pas à descendre dans la salle avec sa guitare, pour être au plus près de ses aficionados.

Mais nous optons évidemment pour les retrouvailles avec notre amie La Grande Sophie, dont c’est la première date de la nouvelle tournée. Etincelante dans sa chemise drapée dorée, tranchant avec le coté obscur et magnifique des éclairages et des projections, elle éclabousse le public de tout son talent avec ses nouvelles chansons (« Une vie », « Où vont les mots »), sa reprise de la chanson écrite pour Françoise Hardy  (« Le large ») ou ses nombreux succès revisités dans de nouveaux habits de son et lumière… Sophie n’est pas grande, elle est immense !

La Grande Sophie

En ce samedi soir enfin, à l’issue des concerts, place à la fête au café Pollen ! Les super nanas, toutes belles et talentueuses du label Fraca!!! (Katel, Emilie Marsh, Robi et Angèle Osinski), assurent le DJ set pour faire danser les professionnels festivaliers. Elles sont suivies par Jeanne Cherhal et La Grande Sophie, tout juste sortie de scène !

Angèle, Robi, Emilie, Katel, les filles du label FRACA!

Jour 5 :

C’est jour de fête nationale, mais l’équipe des Francos et les artistes sont loin de chômer ! En après-midi, à la maison des Francos, Didier Varrod anime une émouvante conversation avec Jane Birkin, autour du premier tome de ses mémoires, qu’elle est venue dédicacer. A la demande du public, elle improvise même une version a capella de « La Javanaise ». Sincère, drôle, généreuse, digne, touchante : Jane telle qu’en elle-même !

Pendant ce temps, la brillante et très belle québécoise Charlotte Cardin s’offre ses premières Francos, tandis que la lumineuse Cléa Vincent, d’ordinaire habituée aux « Nuits sans sommeil », rencontre son public de l’après midi sur la scène de l’Horloge avec la même énergie, et un magnétisme solaire ! Joyce Jonathan, quant à elle, assure l’ouverture du spectacle de Bénabar au Grand Théâtre. Le chanteur, aminci et en pleine forme, retrouve un public fidèle à ses chansons en forme de saynètes. L’imprévisible conteur ira jusqu’à les emmener avec lui dans la rue, où il finira son concert sous les yeux des passants ébahis…

De son côté Flavien Berger marque des points avec sa Pop aérienne et ses fantômes animés sur scène au théâtre Verdière, tandis que l’animateur chanteur Fréderic Zeitoun savoure son premier passage aux Francos comme artiste, suite à la sortie de son bel album de duos avec des stars de la chanson (Lynda Lemay, Aznavour, Macias…), suivi de Jean-Jacques Debout, chanteur et auteur à succès pour Chantal Goya, mais aussi Hallyday, Barbara ou Vartan… Excusez du peu !

Sur la grande scène extérieure enfin, le programme de clôture est royal comme le feu d’artifice qui sera offert autour de minuit : Trois Cafés Gourmands et Jeremy Frérot ouvrent modestement le bal, avant qu’Emilie Marsh s’avance seule sur la scène et enflamme le public qui découvre une artiste complète s’accompagnant à la basse, et une chanteuse d’exception ! Elle est suivie de Zazie, très attendue et acclamée par ses nombreux fans venus danser avec cette grande habituée des Francos au rythme de ses tubes d’hier des d’aujourd’hui : « Speed », « Je suis un homme », « Zen », « J’étais là »… Côté musiciens, elle est entourée de pointures comme Edith Fambuena ou Julien Noël. Un concert généreux et pro comme à son habitude !

Enfin, il revient au roi Patrick Bruel la tâche de clôturer 5 jours de folie : visiblement heureux et honoré, il livre un show de grande envergure, version écourtée de son dernier spectacle au Dôme de Paris, mais tout aussi enthousiasmant ! L’artiste est au sommet de son art et de sa popularité, et le public lui manifeste tout son attachement comme jamais !

Epilogue :

Est-il nécessaire de dire qu’au vu d’une telle programmation et d’une météo favorable, les Francos 2019 auront été un grand cru, salué par un succès public, mais aussi critique, de nombreux medias ayant souligné la qualité de l’offre et sa diversité, augmentée de nouveaux concepts originaux comme « J’ai la mémoire qui chante » ou « Les folies littéraires », sans oublier la forte implication du festival dans la prise de conscience écologique au village Francocéan ? Inutile de préciser aussi, qu’en ce qui nous concerne, rendez-vous est déjà pris pour la 36ème édition du 10 au 14 juillet 2020 !

Eric Chemouny


Photos: Francofolies de la Rochelle (DR) / Eric Chemouny (DR/JSM) – reproduction interdite sans autorisation.


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