PATRICK BRUEL

Le sens de la fête

Décidément, rien ne semble entamer l’énergie et l’enthousiasme pour son métier de Patrick Bruel … A 59 ans (dont 35 ans de chanson, et 40 ans de cinéma), c’est à une véritable fête de famille que nous conviait le showman accompli, désormais au sommet de son art, du 20 au 23 février dernier au Dôme / Palais des Sports de Paris, à l’aube d’une monumentale tournée de 80 dates qui le conduira les 6 et 7 décembre prochain à La Défense Arena…

En ce soir de grandes retrouvailles avec l’ami Patrick, c’est un public impatient qui s’installe dans les allées du Dôme Palais des Sports de Paris. Il faut dire qu’on ne l’a pas revu sur scène à Paris depuis sa parenthèse musicale consacrée à son idole Barbara, trois ans plus tôt. Si bien qu’il faut beaucoup de courage et d’humilité à sa première partie, l’excellent Tim Dup, pour tenter de séduire ces fans survoltés, dont pas mal de de femmes venues en famille ou entre copines, retrouver la ferveur des concerts de leur adolescence. Mais de ténacité, l’ami Tim n’en manque pas, et il finit pas capter l’attention grâce à son sens de l’autodérision, mais surtout la qualité des quelques chansons issues de son premier album « Mélancolie heureuse » qu’il présente avec toute l’énergie positive et le talent qu’on lui connait. 

Mais quand apparait l’idole tout de noir vêtu, la silhouette plus sportive et tonique que jamais, arborant ce même sourire ravageur qu’à ses débuts et ce regard complice, que des écrans géants de part et d’autre de la scène démultiplient, le ton est donné : on sait que Bruel à mis les moyens pour donner ce qui se doit d’être le meilleur spectacle de sa carrière. Auréolé du succès commercial et critique de son récent 9ème album studio, il n’a rien laissé au hasard pour que la magie opère, et sans tarder ! Car il n’est pas question ici de laisser monter en puissance, de chauffer doucement la salle ou de distiller les tubes à l’économie : non non, non, attachez vos ceintures, le décollage est immédiat !

Entouré de quelques musiciens chevronnés, Loic Pontieux (batterie), Antoine Reisninger (basse), Romy Chelminski et Yannick Chouillet (guitares), Benjamin Constant (claviers), il semble déjà occuper tout l’espace de sa prestance et son charisme, d’autant que les lumières super luxueuses et autres effets visuels sont ici aussi innovants que spectaculaires, et de toute beauté. Si on ajoute qu’il attaque frontalement son public avec deux tubes aussi monumentaux que « Comment ça va » (tandis que des lettres lumineuses défilantes appellent à un karaoké géant) et « Alors regarde », on se dit qu’il y’a peu de risques que la température retombe…    

Et effectivement, c’est debout, entouré de fans aux anges, sourire aux lèvres et connaissant les chansons au mot près, qu’on se laisse prendre par la main et le coeur pour entrer dans la danse et participer activement à cette grande fête à laquelle l’homme de Music-Hall nous convie avec cette gentillesse et cette générosité non feintes :  il a beau glisser des chansons plus récentes comme « Tout recommencer » écrite par Mickael Furnon de Mickey 3D, habillée par Vianney (présent dans la salle en ce soir du 22, et véritablement assailli par les fans), ou encore « Dors », « Louise » (sur le harcèlement des enfants à l’école) inspirés de sujets plus sérieux, rien n’y fait.

La communion est la même lorsque délaissant la guitare, il s’installe au piano pour chanter (mieux que jamais, et comme désormais débarrassé de tics vocaux qui faisaient le bonheur des imitateurs), « J’te l’dis quand même » et « J’ai croisé ton fils », aux accents autobiographiques pudiques et percutants. D’autant que là-encore, la mise en scène (un piano surélevé dans un halo de subtiles lumières savamment étudiées), est de toute beauté… Big Up au passage pour Nicolas Maisonneuve aux lumières, Rabah Aliouane à la mise en scène, sans oublier Vincent Voyron au son, excellent de bout en bout.

Multipliant les ambiances, et s’évertuant à faire de chaque chanson un véritable tableau vivant, c’est dans le décor reconstitué en 3D du quartier de la Contrescarpe, si cher à son adolescence, que le comédien-chanteur nous convie ensuite pour chanter « Rue Mouffetard », une chanson faisant la courte échelle au tube « Place des Grands Hommes », qui ne tarde pas à surgir de toute son efficacité, après « Pour la vie », laquelle trouve une place de choix entre ces deux pépites. De même, un peu plus tard dans le spectacle, « L’amour est un fantôme », écrite par Pierre Lapointe qu’il présente comme un petit génie et le meilleur auteur-compositeur québécois du moment, donne à voir une nouvelle facette de l’interprète, dans un registre introspectif inhabituel.

Le temps de reprendre ses esprits et quitter les couleurs sépia de la nostalgique chanson, sur « Est-ce que tu danseras avec moi » et « Elle me regardait comme ça », et les derniers réfractaires sont appelés à danser sur un redoutable tir groupé enchainant « Décalé », « La fille de l’aéroport », « Bouge » et enfin « Mon amant de Saint-Jean ». Le public est alors invité à baisser la garde et à danser par deux, avec son voisin, sa voisine, qu’importe… On aperçoit non loin son frère, le talentueux musicien David-François Moreau esquisser quelques pas avec leur discrète maman, tandis que Sandrine Kiberlain enlace sa fille qui l’accompagne. L’ambiance est au bal populaire, au vivre ensemble, à ces valeurs de partage et de fraternité que Bruel s’évertue à défendre depuis plus de trente ans et qui prennent en ces temps troublés tout leur sens et toute leur importance.

Ce n’est pas pour rien qu’il a choisi d’inclure à son album un titre comme « Qu’est-ce qu’on a fait » sur la nécessité de transformer l’énergie des lendemains de victoire en projet de société pour la France de demain. Ou encore « Ces soir on sort », sur la force de la vie et de l’espoir, toujours victorieux de la mort et de l’obscurité, en périodes d’attentats terroristes. Et d’ailleurs, quitte à troubler l’euphorie générale, l’homme de paroles et de courage qu’il n’a jamais cessé d’être ne peut passer sous silence l’explosion des actes antisémites relayés par les médias ces dernières semaines : avec une adresse et un tact remarquables, il évoque l’éducation et les valeurs de respect et d’humanité qu’il s’efforce de transmettre à ses enfants depuis toujours, sa volonté de lutter contre toutes les discriminations et toutes les formes de racisme, à l’égard de toutes les religions, toutes les minorités, sans distinction. Les mots sont pesés, le ton est juste, sincère, convaincant parce que vrai… 

Mais l’envie de faire la fête reprend vite le dessus : si bien que des mélopées orientales et des youyous fusant de toutes parts nous transportent sans transition au « Café des délices », laissant place à la très scénique « Stand Up », « Je suis fait pour elle », sans oublier « Casser la voix »… Ce que 5000 spectateurs, toutes générations confondues, n’ont cessé de faire pendant près de deux heures trente, tandis que l’artiste s’est entre temps amusé à endosser un inhabituel blouson doré pour donner encore plus de panache à des rappels sous les ovations…

Au final, au cours de ce prodigieux survol de près de 35 ans de carrière, on aura dansé, chanté, ri et parfois même pleuré. On aura assisté à un spectacle complet, alliant chanson, théâtre, comédie, d’une grande précision et d’une fluidité apparente (masquant bien entendu des heures de travail rigoureux), au point d’avoir eu par moments l’impression furtive, d’apercevoir par flashes la silhouette imposante d’un Johnny, d’entendre le timbre d’un Aznavour, de s’émouvoir du vibrato d’un Reggiani, de se laisser séduire par la gestuelle élégante et précise d’un Montand : bref, d’avoir sous les yeux un « digest » de tout ce que la grande tradition du Music Hall à la française nous aura offert de mieux ces dernières décennies. 

Lorsque les lumières se rallument, il faut pourtant revenir à la douce réalité : on aura tout simplement assisté au show parfait, de celui qui, du copain Patrick est devenu monsieur Bruel, à force d’observation, de travail et d’exigence envers lui-même. Chapeau l’artiste !

Eric Chemouny

crédit photo: Nicolas Perrier pour Je Suis Musique (DR/JSM) // photo d’ouverture + piano : Delphine Champion (DR. / IG: @Del1997 / JSM)

TOURNEE 2019

AVRIL 2019

Mercredi 03/04 – CHATEAUROUX – Mach 36

Jeudi 04/04 – LIMOGES – Zénith

Vendredi 05/04 – BOULAZAC – Le Palio

Samedi 06/04 – NIORT – L’acclameur

Jeudi 11/04 – GENEVE – Arena

Vendredi 12/04 –MACON – Le Spot

Mercredi 24/04 – MOUILLERON LE CAPTIF – Vendéspace

Jeudi 25/04 – LORIENT – Parc expo

Vendredi 26/04 – NANTES – Zénith

Samedi 27/04 – NANTES – Zénith

MAI 2019

Jeudi 02/05 – PAU – Zénith

Vendredi 03/05 – BORDEAUX – Arena

Samedi 04/05 – TOULOUSE – Zénith

Dimanche 05/05 – TOULOUSE – Zénith (18h)

Jeudi 09/05 – BREST – Arena

Vendredi 10/05 – RENNES – Le Liberté

Samedi 11/05 – RENNES – Le Liberté

Lundi 13/05 – DUNKERQUE – Le Kursaal

Mardi 14/05 – BRUXELLES – Forest National

Mercredi 15/05 – BRUXELLES – Forest National

Jeudi 16/05 – BRUXELLES – Forest National

Mercredi 22/05 – MONTBELIARD – Axone

Jeudi 23/05 – ROANNE – Le Scarabée

Vendredi 24/05 – AURILLAC – Le Prisme

Samedi 25/05 – CLERMONT FERRAND – Zénith

JUIN 2019

Mardi 04/06 – LYON – Halle Tony Garnier

Mercredi 05/06 – AIX EN PROVENCE – Arena

Mercredi 12/06 – ORLEANS – Zénith

Jeudi 13/06 – ORLEANS – Zénith

Vendredi 14/06 – ANGERS/TRELAZE – Arena Loire

Samedi 15/06 – ANGOULEME – Espace Carat

Dimanche 16/06 — BORDEAUX – Arena

Samedi 22/06 – NANCY – Zénith Plein Air

JUILLET 2019

Vendredi 05/07 – MONTELIMAR – Stade Tropenas

Samedi 06/07 – LES DEFERLANTES – Argeles sur mer

Jeudi 11/07 – LE PUY EN VELAY- Les Nuits St Jacques

Vendredi 12/07 –SION sous les Etoiles – Festival

Samedi 13/07 – LOUHANS – Stade Bram – Les Nuits Bressanes

Dimanche 14/07 – LA ROCHELLE – Les Francofolies

Jeudi 18/07 – NIMES – Les Arènes – Festival

Samedi 20/07 – SPA – Francofolies

Lundi 22/07 – BRIVE LA GAILLARDE – Théâtre de verdure

Mardi 23/07 – BAYONNE – Les Arènes

Jeudi 25/07 – SOLLIES PONT – Festival du Château

Vendredi 26/07 – VIENNE – Théâtre Antique

AOUT 2019

Dimanche 04/08 – COLMAR – La foire aux vins

Vendredi 09/08 – AJACCIO – Casone

Samedi 17/08 –- LUXEY – Musicalarue Festival

OCTOBRE 2019

Jeudi 17/10 – RENNES – Le Liberté

Vendredi 18/10 – CAEN – Zénith

Samedi 19/10 – ROUEN – Zénith

NOVEMBRE 2019

Samedi 23/11 – ANGOULEME – Espace Carat

Dimanche 24/11 – LIMOGES – Zénith

Vendredi 29/11 – AMIENS – Zénith

Samedi 30/11 — DOUAI – Le Gayant expo

DECEMBRE 2019

Vendredi 06/12 – PARIS LA DEFENSE — ARENA

Samedi 07/12 – PARIS LA DEFENSE– ARENA extra-date!

Mercredi 11/12 – EPERNAY – Le Millesium

Vendredi 13/12 – TROYES – Le Cube

Samedi 12/12 – LUXEMBOURG – Rock Hall / Esch Alzette

Samedi 14/12 – DIJON – Zénith

Mardi 17/12 – LYON – Halle Tony Garnier

Mercredi 18/12 – CLERMONT FERRAND – Zénith

Jeudi 19/12 – ROANNE – Le Scarabée


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