PASCAL OBISPO

Capitaine fan

Le départ de Pascal Obispo de sa maison de disques historique, Sony Musique, pour rejoindre Universal, rapidement suivi par un single fort (« chante la rue chante ») et un album, « Obispo », avait fait l’effet d’une bombe dans le petit monde de l’édition musicale ! Dans la foulée de la sortie de ce disque éponyme aux nombreux invités de prestige, l’artiste a repris la route avec une grande tournée dans son plus pur et fidèle prolongement : généreuse, peuplée d’images de ses amis, de ses idoles, de ses héros…

Les artistes français qui explorent l’éventail de leur art sont finalement assez rares et Pascal Obispo est de ceux là, de cette verve exploratrice muée par le sentiment humain, par la rencontre des âmes et des talents. Né à l’heure de l’explosion du Rock hexagonal des années 80, l’enfant de l’Ouest a amorcé plusieurs virages, pris par la main du destin, des amitiés et des hommes, oscillant entre une variété Pop et partagée et une dévotion aux comédies musicales, flamboyantes et bibliques, dont il est l’un des piliers désormais, ayant signé des oeuvres populaires comme les « Les 10 Commandements », « Adam et Eve » ou plus récemment « Jesus ».

Pascal Obispo est aussi un auteur-compositeur pour lui comme pour les autres, qu’ils soient réels (par dizaines, mais citons Natasha St Pier, Florent Pagny, Patricia Kaas, Calogero, Zazie ou Isabelle Adjani pour un album resté encore caché à ce jour) ou fictifs (avec le Captain Samourai Flower). Ce qu’il offre à son public pour cette nouvelle tournée est un concentré totalement jubilatoire de toutes ces connections, résolument tournée vers la valeur des hommes et des femmes, ceux qu’il admire comme ceux qui l’admirent (et la nuance a son sens…), Capitaine Fan d’un voyage musical et humain.

Avec cet esprit toujours en ébullition, cette créative musicale en alerte permanente, caché derrière des lunettes qui voient la vie en rouge, il a ainsi crée un show coloré qui rend hommage à ses idoles tout en déroulant le tapis rouge à ses fans qu’il sollicite en permanence pendant près de 2h30 de fougue et de Rock, où il parcourt l’album photos d’une carrière absolument remarquable, appuyé par des écrans géants aux images fortes et nostalgiques, de celles de son enfance aux portraits des amis, des héros, des âmes disparues comme Maurane et Johnny, auxquels il rend un hommage absolument bouleversant, en reprenant « Rentrer chez soi » pour l’une, et l’anthologique « Allumer le feu » pour l’autre, s’inscrivant dans une setlist enthousiasmante.

Ainsi, malgré l’insolente liste de tubes qui ont jalonné une impressionnante carrière jalousée, Pascal Obispo a choisi de faire la part belle à son dernier album concocté entre amis, avec une dizaine d’extraits qui commence dès son entrée en scène avec « Je rentre », Rock mid tempo qui donne de la voix à Philippe Pascal, du mythique et vénéré groupe Marquis de Sade. Un peu plus tard, on entend sans le voir Christophe sur « Poète maudit », l’un des moments les plus forts du concert, aux lumières marquées au sang , sublime déclaration d’amour à l’envers, sur laquelle les voix des deux chanteurs se confondent et se déchirent dans un moment très émouvant. Au travers de ces 2 figures de la chanson française chères au maître Obispo, c’est un concert hommage aux idoles, aux vibrations musicales comme l’attendrissant parcours d’une vie d’artiste, au fil de titres comme « Les chansons de Voulzy et Souchon », « Forthlin Road » ou sur le medley « 1980 »…

Sa générosité et ses élans teintés d’humilité et de grandeur, dont Pascal Obispo joue merveilleusement la carte, régalent les fans qui parcourent avec l’artiste une vie de tubes, impeccables et revisités, qui mettent en transe une salle Pleyel électrique et dévouée : « Lucie », « Assassine », « Tombé pour elle », « Sa raison d’être » en version très Rock, « Fan », « Personne » ou « Mourir Demain » qui vient clôturer un concert toujours aussi flamboyant.

Appuyé par une splendide et élégante scénographie, par un jeu de lumières et par des projections tantôt psychédéliques (comme sur « Les chansons de Voulzy et Souchon ») tantôt Arty (superbe mise en scène sur « Assassine ») qui magnifient chaque séquence, chaque chanson, Pascal Obispo réussit un tour de force, qui marie la longévité des grands chanteurs et la fraîcheur d’un artiste curieux et gourmand de tout, assurant à ce tour de chant une totale réussite.

Gregory Guyot

Crédit photos: Gregory Guyot (DR / IG : @I_am_Gregg / JSM)

Setlist exhaustive Pleyel : Je rentre / Personne / A Forthlin Road / Où et avec qui tu m’aimes / Les chansons de Voulzy et Souchon / Assassine / Le drapeau / Poète Maudit / Lucie / Rentrer chez soi (Maurane) / Sa raison d’être / On n’a rien fait de mieux / Et bleu… (avec Julie) / 1980 (Medley) / D’un Ave Maria / Rien ne dure / Chante la rue chante / Allumer le feu (Johnny Hallyday) / Fan // Encore: Mission Impossible / On n’est pas seul sur la Terre / Tombé pour elle (L’île aux oiseaux) / Mourir Demain.


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