La musique en fête avec

NINA MORATO…


La fête de la Musique a détonné cette année, notamment avec l’ouverture au public de certains lieux très privés, que ce soit l’Elysée, l’Assemblée Nationale ou pour la première fois La Grande Loge de France. Et c’est sans doute là, que la plus singulière et intéressante célébration de la musique a eu lieu, grâce à Nina Morato…

 

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Nina Morato est l’une de nos artistes françaises les plus étonnantes, mise en lumière avec « Maman » propulsée au concours de l’Eurovision. C’était en 1994 déjà. Depuis, entre drames et bonheurs de sa vie, sont nés 4 albums, 4 bijoux, 4 diamants à l’état brut, journaux intimes d’une vie de femme, de mère, d’amoureuse, flirtant sur partition avec les artistes qu’elle aime et qui le lui rendent bien, de Arthur H à Matthieu Chédid, d’ Oxmo Puccino à Princesse Erika…

Libre et engagée, elle se ballade entre les notes de son piano, le cinéma, le théâtre, prend à bras le cœur des causes qui en déchirent sa peau, Elle se fait rare quand elle ne se sent pas désirée mais elle est éclatante quand elle se sent aimée.

Dans ce voyage d’artiste, Nina Morato est imprévisible, elle est là où ne l’attend pas, là où on ne l’attendait plus. Ainsi, ce n’est pas vraiment sur une scène, ce n’est pas non plus au long cours d’une tournée pourtant espérée, ce n’est pas sur un showcase promo de son album sorti en 2016, l’un des plus beaux disques de la décennie, que Nina réapparaît. C’est sur autre chose, d’un autre temps, d’autre part, comme un cadeau d’artiste pour une musique en fête. Amour. Amour de jouer, de chanter, de partager, d’entrer en contact, son regard, ses gestes, son sourire, sa voix…

C’est donc dans cet endroit surprenant qu’elle pose son piano, son micro et ses talons paillettes : à la Grande Loge de France. Ce haut-lieu d’obédience maçonnique a ouvert ses portes pour la première fois au grand public à l’occasion de la fête de la Musique avec un vrai programme de concerts variés dans lequel s’est inscrite la chanteuse. L’événement est plus de taille qu’il n’y parait, relevé par la presse et Nina Morato ne pouvait qu’en être l’incarnation lors de cette prestation rare de 30 minutes fulgurantes.

30 minutes de morceaux d’elle-même, avec toujours cette incandescence, cette urgence de vivre, de chanter, vaille que vaille, oiseau libre qui se pose sur toutes les branches de l’expression. Elle a posé son piano et sa voix, là où habituellement, on parle et on débat. Il est 15h, c’est parti : 30 minutes exceptionnelles, pour celle qui n’a pas chanté à la Capitale depuis de trop longues années, il y a presque 20 ans déjà pour l’album « Moderato » (1999) suivi de quelques trop rares apparitions.

Elle commence, elle se lance, elle caresse ses touches, repousse sa chaise, frénétiquement, nerveusement et tendrement à la fois. Habitée par sa création, investie de tout son être, elle choisit de ne pas chanter que ses tubes rendant sa setlist d’autant plus intéressante. On se souvient alors à quel point, nous aussi nous avions été entraînés en l’écoutant dans cette contorsion de l’âme et du corps et que l’on ressent encore aujourd’hui. Intacte sensation. Elle sélectionne « Maman » accompagnée ici de son créateur, Antonin Morel. De son dernier album, elle préfère « Tout est doux » , « Tout se dire » et « Fais moi signe », 3 titres absolument magnifiques et bouleversants, aux deux singles qui en ont été extraits : « Fanfaron » et « Hollywood ». Elle choisit un poème de Prévert qu’elle a mis en musique sur une gnossienne de Erik Satie et termine par « Le Bal des parfums » (écrite aussi avec Antonin Morel), chanson qu’avait adaptée son amie Maïwen pour le générique de son film « Le bal des actrices ». Fin brutale d’un voyage saisissant, elle aurait voulu continuer, nous aussi, mais elle s’arrête, scrutant les hautes autorités du lieu pour avoir un peu de rab… En vain, car le programme implacable de la fête de la musique s’enchaîne.

30 minutes, c’est si court pour cette comète qui s’en est allée. Il sera difficile d’attendre son prochain passage, car quoi qu’il arrive, c’est déjà bien trop loin…

Gregory Guyot.

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crédit photos : Gregory Guyot (D.R./ @I_am_Gregg/ JSM) , prises le 21 juin 2018  la Grande Loge de France, sans éclairage, en toute intimité.

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