SLIMANE

Un soleil au Zénith.


« Solune » est le titre du deuxième album de Slimane et joue sur la contraction poétique des mots soleil et lune pour en faire un seul et unique symbole. C’est ce symbole scellé qui veille, pour unique décor, sur son concert au dessus de la grande scène du Zénith. A lui seul, il représente une Olympe, un Au-delà figé dans l’univers. C’est le grand cadran du temps, vibrant, scintillant, vivant, qui baigne d’ombres et de lumières ce théâtre musical. Solune protège ainsi un show, sobre et flamboyant à la fois, avec une bienveillance palpable. Ce symbole, comme une évidence, c’est lui, c’est Slimane. Artiste sensible en équilibre sur un faisceau de lumière, il offre une performance à la hauteur de la qualité du show qu’il s’apprête à livrer, avec juste ce qu’il faut de prestance pour ne pas éclipser une débordante envie d’aimer et d’être aimé.

Slimane - par Gregory Guyot - Je Suis Musique (12)

Car oui, son spectacle est une surprise totale, qui magnifie cet album, déjà réussi, en le transportant dans une autre sphère, dans un autre système dont il est l’astre ultra solaire. Avec une humilité qui lui sied bien, avec la chaleur de sa voix et la douceur de son sourire, avec la retenue des grands poètes et l’élégance de la bienséance, il offre un show absolument étonnant et pourtant sobre, qui le fait parfois flirter avec la tentation de la démesure, mais reste toujours sur le fil du marionnettiste qui ne tire jamais sur les grosses ficelles.

Slimane - par Gregory Guyot - Je Suis Musique (7)

L’ouverture du concert est digne des grands shows, que l’on accorderait à Mylène Farmer ou Madonna, ses 4 danseurs émergeant de la foule, cachés sous des soutanes capuchonnées, faisant danser des sabres de néons, et se rejoignant sur scène pour ne faire plus qu’un devant la silhouette de Slimane, capé dans l’ombre de son Solune System. Il marque ainsi le point de départ de son titre pamphlétaire éponyme, avec la scansion d’une Diam’s en grande forme, son idole. Caché dans la pénombre du fond de scène et baigné d’une lumière sablier qui transperce son Solune, Slimane installe immédiatement un univers très fort : c’est visuellement splendide, vocalement puissant. Cette intense introduction augure une série de tableaux peints avec des fils de lumières horizontaux, verticaux, stroboscopiques ou en simple poursuite.

C’est d’ailleurs assez rare pour le souligner, mais chaque chanson s’accorde à une mise en scène mise à nue, qui mêle des chorégraphies élégantes et des jeux de lumières inspirés qui les incarnent et les marquent d’une identité visuelle très forte. Ce n’est pas qu’un jeu de jolies lumières, mais un univers singulier à chaque fois : celles de « Désolé » aux couleurs de « Matrix », comme la petite « lampe étoile » sur « Je veux être vieux », la poursuite de « Saisons », où ce superbe tour de force des faisceaux lumineux sur « Au delà ». Plus fort encore, son blouson de miroirs de lumières ou son manteau opaque qui la laisse passer comme teinté de magie. Tout dans ce concert touche au luminescent, à l’inspiré et c’est divin.

Ces moments solaires très forts sont contrebalancés par des jeux d’ombres, où Slimane semble disparaître comme sur l’introduction de  « la chanson des vieux amants » : un micro en pied, seul, éclairé par une poursuite qui libère une émotion qui n’est pas sans évoquer les grandes légendes passées de l’Olympia. La chanson de Jacques Brel est sur scène, une vraie réussite, bien meilleure que sur l’album, amplifiée par un ballet poétique.

Slimane - par Gregory Guyot - Je Suis Musique (10)

Pendant deux heures, Slimane touche en plein cœur, que ce soit dans ses performances boostées par des tubes tel que « Viens, on s’aime », véritable hymne révélé, ou dans des moments plus intimes et bouleversants dédiés à ceux qu’il aime sur « les amis », « Papa héros », ou le déchirant « je serai là », dédié à sa maman.

C’est ainsi qu’entre éclipses lunaires et soleils de minuit, Slimane traverse un univers de sentiments très forts, reliant ses chansons par ses histoires et ceux qui la font et présents dans la salle : la famille, les amis, les fidèles… Généreux, il les interpelle et les remercie souvent, éternellement reconnaissant envers ceux qui lui ont permis d’être là, comme Camille Lellouche qui vient chanter avec lui le très beau « Si On est deux », ou Boostee sur « Luna ». Slimane invite aussi sur scène ceux qui font son présent: ses 3 finalistes de The Voice Belgique (dont il est l’un des coaches) sur « Le vide » ou J.A.T. sur « Rengaine ».

Quand le concert s’achève sur une seconde version de « Viens, on s’aime » en plein milieu de son public aimant, on sent bien qu’une nouvelle étape est franchie, et que Slimane a enfin repris son envol tant ce tube en puissance, chanté au cœur d’un Zénith conquis est à son image, embrassant tout l’univers. Il  sera de retour à Paris à l’Olympia en novembre prochain.

Gregory Guyot.

Slimane - par Gregory Guyot - Je Suis Musique (8)

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Crédit photos: Gregory Guyot (D.R./@I_am_gregg/ JSM) / Delphine Champion (D.R./@Del1997 / JSM)

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Setlist du Zenith de Paris, 7 avril 2018 : ouverture : Solune / Frérot / Adieu / Désolé / Papa Héros / Si on est deux (en duo avec Camille Lellouche) / Je veux être vieux / J’en suis là / Viens on s’aime / Saisons / Au-delà / La chanson des vieux amants / Luna (featuring Boostee) / Chanson d’amour / Petit Pays / Quand je serai grand / Rengaine (avec J.A.T.) / Les amis / Paname / L’absence / Je serai là /  Le vide (avec les finalistes de The Voice Belgique) / final : Viens, on s’aime. 

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