JULIEN CLERC

50 ans d’amour, etc.


Commencée en novembre dernier, la tournée anniversaire célébrant les 50 ans de carrière de Julien Clerc faisait une première halte parisienne sur la scène de l’Olympia, du 9 au 11 mars dernier, avant de revenir le 4 mai au théâtre des Champs-Elysées et les 23-24-25 novembre à la Seine Musicale… Un concert en forme d’impeccable « best of », au cours duquel l’éternel séducteur a déployé tout son charme et toute son énergie devant un public de fidèles encore plein de ferveur… Je Suis Musique y était, et vous en offre les plus belles images… 

JSM Je Suis Musique Julien Clerc à l'Olympia 10 mars 2018 Photos cc Gregory Guyot (1)

Après une première partie plutôt bien assurée par un Laurent Lamarca,  plein d’autodérision et tout en décontraction, le chanteur apparait radieux et tout sourire, sobre et élégant dans son costume sombre impeccablement porté sur une chemise blanche. Dans la pénombre, il attaque majestueusement son tour de chant avec « Utile », son tube marquant ses retrouvailles, après des années de brouille, avec son parolier des débuts Etienne Roda-Gil, dans les 90’s. Il donne ici le ton de son concert, tout en concentration, puissance et professionnalisme. Mais la gravité inhérente à ce grand classique laisse vite place à des chansons plus légères ou sentimentales, de celles dont il a le secret et qu’il a égrenées tout au long de son impeccable discographie.

Car loin de proposer de découvrir en Live son dernier album « A nos amours » réalisé par Calogero, comme il l’aurait fait lors d’une tournée classique, le chanteur a choisi de satisfaire son public, en leur offrant plutôt un florilège de ses tubes. S’enchaînent ainsi simplement entrecoupés de pudiques salutations des succès imparables comme « Je t’aime, etc » (un des rares extraits de son dernier opus donc), « La Californie », « Fais-moi une place »  (signé Françoise Hardy), « Si chantait », « La jupe en laine », ou encore le vibrant et très autobiographique « Double enfance » signé Maxime Le Forestier…

JSM Je Suis Musique Julien Clerc à l'Olympia 10 mars 2018 Photos cc Gregory Guyot (11)

JSM Je Suis Musique Julien Clerc à l'Olympia 10 mars 2018 Photos cc Gregory Guyot (14)

Si le chanteur n’a rien perdu de sa puissance vocale et de son fameux vibrato, si critiqué à ses débuts, à l’instar de sa soeur de coeur Véronique Sanson, il a également soigné l’aspect visuel  de son show : ses huit musiciens rassemblés occupent la gauche de la scène (un splendide quatuor de cordes féminin, un batteur, un bassiste, un guitariste, coordonnés par le talentueux Benjamin Constant, jeune musicien hors-pair et arrangeur de son dernier disque), la partie droite est habillée d’un écran éclaté, tel un miroir brisé, sur lequel des images et de jolies projections viendront accompagner les chansons. Au premier plan de cette belle trouvaille, un piano blanc qui prendra les couleurs des partitions et des sentiments que Julien viendra interpréter avec intensité, quand il ne chantera pas debout devant son micro.

N’éludant aucune des périodes de sa vie d’artiste, il rappelle qu’il a été un des protagonistes de la première aventure d’« Emilie Jolie » dont il évoque tous les interprètes dans le joli conte musical de Philippe Chatel (Georges Brassens, Sylvie Vartan, Diane Dufresne, Louis Chédid, Laurent Voulzy, Alain Souchon…) ; en souvenir de cette époque, il reprend son rôle du grand oiseau dans « La chanson d’Emilie Jolie » face à une diaphane et ravissante enfant habillée en ballerine, comme échappée d’un conte de fées. Et le chanteur de se faire tout petit et bienveillant devant la justesse de l’impressionnante enfant.

Citant ses auteurs (et notamment Carla Bruni venue avec Nicolas Sarkozy, ou Marie Bastide venue avec Calogero, présentes dans la salle), il se plait aussi à se rappeler la bienveillance de son mentor et modèle Gilbert Bécaud à son égard comme à celui de ses auteurs Etienne Roda-Gil et Maurice Valet à leurs débuts : en hommage à celui dont il assurait la première partie en 1969 sur cette même scène de l’Olympia, il reprend avec une émotion contenue « C’est en septembre », assurément une des plus belles créations de l’homme à la cravate à pois.

Généreux et en phase avec son époque, le chanteur de 70 ans a opté également pour le principe des chansons à la carte, mais version 2.0 : avant le lever de rideau, les 1800 spectateurs sont invités à choisir par SMS quatre chansons sur huit proposées, que Julien interprétera au piano. Ce soir, les heureuses élues sont « Entre elle et moi », « Si j’étais elle », « Le coeur volcan » et « Souffrir par toi n’est pas souffrir », une chanson dédiée à France Gall après leur rupture, que l’artiste toujours aussi élégant et pudique ne cite pas, mais on imagine combien est grande son émotion. Au passage, il remercie ses musiciens ayant du répéter deux fois plus de chansons que pour un récital classique : mais on n’a pas tous les jours 50 ans (de carrière)…

JSM Je Suis Musique Julien Clerc à l'Olympia 10 mars 2018 Photos cc Gregory Guyot (16)JSM Je Suis Musique Julien Clerc à l'Olympia 10 mars 2018 Photos cc Gregory Guyot (15)

Chacune de ses chansons, fait l’objet d’ovations et d’élans du coeur comme on n’en voit que rarement pour des artistes de sa génération… Comme si les disparitions récentes de Johnny et France Gall n’avaient fait que faire prendre conscience aux Français de la place  que Julien et quelques rares autres occupent dans nos vies et nos souvenirs, et qu’il faut plus que jamais les aimer et le leur dire. On chante avec Julien, on vibre sur ses chansons, on verse une larme, on l’interpelle de gentils mots d’amour… Si bien qu’après « Ma préférence », sublime déclaration composée pour son ex-compagne Miou-Miou, sur des paroles de Jean-Loup Dabadie, qu’il déroule magnifiquement sur son piano blanc, suivi du plus récent « Sous mon arbre », donnant lieu à des projections printanières de cerisiers du Japon, les fans trépignent d’impatience pour se masser au devant de la scène. Au plus près de leur idole.

Le crooner a alors fait place au rockeur qui sommeille en lui : endossant jean et blouson de cuir noir, il laisse exploser sa joie communicative et son énergie sur « Laissons entrer le soleil » (son tube extrait de la comédie musicale « Hair » où il fit ses débuts), « Melissa », « Coeur de rockeur » et « Lili voulait aller danser » : autant de titres en rupture de ton, que ses fans de la première heure avaient boudé, mais qui rétrospectivement lui ont permis de passer le cap difficile des années 80 et de s’installer durablement comme un vrai chanteur populaire. Trente ans plus tard, on lui pardonne ces écarts et ces chansons certes « faciles » ; elles font partie du patrimoine et s’écoutent même avec une certaine jubilation coupable et quasi-enfantine.

JSM Je Suis Musique Julien Clerc à l'Olympia 10 mars 2018 Photos cc Gregory Guyot (39)JSM Je Suis Musique Julien Clerc à l'Olympia 10 mars 2018 Photos cc Gregory Guyot (42)JSM Je Suis Musique Julien Clerc à l'Olympia 10 mars 2018 Photos cc Gregory Guyot (40)

Revenu à ces ballades qu’il sublime, il offre enfin à son public féminin l’hymne « Femmes, je vous aime », suivi du plus récent « A vous, jusqu’à la fin du monde », dédié à son épouse, la romancière Hélène Grémillon, présente dans la salle, comme également Isabelle Huppert, l’avocat très médiatique Eric Dupont-Moretti, Charles Berling, et sa fille Jeanne Héry.

JSM Je Suis Musique Julien Clerc à l'Olympia 10 mars 2018 Photos cc Gregory Guyot (44)

Alors que le spectacle touche à sa fin, on décompte encore les tubes qu’il n’aurait pas chantés… il feinte un faux-départ sur « Partir », ou encore « La cavalerie », pour finir, vraiment cette fois, sur « Le patineur », dont il propose une version piano-voix de toute beauté. Et les lumières de se rallumer au bout de deux heures de voyage dans le temps, nous laissant émotionnellement tout chamboulés, avec dans la tête, un demi-siècle d’histoire de la chanson qui aura défilé à toute berzingue, sur quelques imparables refrains…

Eric Chemouny

JSM Je Suis Musique Julien Clerc à l'Olympia 10 mars 2018 Photos cc Gregory Guyot (33)

JSM Je Suis Musique Julien Clerc à l'Olympia 10 mars 2018 Photos cc Gregory Guyot (43)

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crédit photos: Gregory Guyot (D.R./@i_am_Gregg/ JSM)

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Set-list de l’Olympia du dimanche 11 mars 2018 :  Utile / Je t’aime, etc / La Californie / Fais-moi une place / Si on chantait / La jupe en laine / Double enfance / La chanson d’Emilie Jolie et du grand oiseau / Ce n’est rien / C’est en septembre / 4 choix du public : Entre elle et moi / Si j’étais elle / Souffrir pour toi n’est pas souffrir / Le cœur volcan / Ma préférence / Sous mon arbre / Melissa / Laissons entrer le soleil / Cœur de rockeur / Lili voulait aller danser / encore : Femmes je vous aime / A vous jusqu’à la fin du monde / Partir / La cavalerie / Le patineur.

 

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