ISABELLE BOULAY

Sous les lumières de Montréal…


Présidente d’honneur de la 19éme édition de Montréal en Lumière, l’enfant chérie du Québec y offrait la première montréalaise de son nouveau spectacle « En vérité », le 1er mars dernier au prestigieux Théâtre Maisonneuve. JeSuisMusique y était et vous en a rapporté le portfolio souvenir, inédit et exclusif, de cette grande première…

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Détentrice de 19 Félix et de 2 Victoires de la Musique, au terme de 13 albums vendus à plusieurs millions d’exemplaires, Isabelle Boulay est assurément, avec Céline Dion, une des rares chanteuses québécoises ayant réussi à mener sa carrière sans creux de vague des deux côtés de l’Atlantique, à force de ne jamais négliger aucun de ses publics, français et canadien. C’est donc en enfant du pays, que la chanteuse à la crinière couleur de feu, et à la voix si singulière était reçue, pour y présenter un nouveau spectacle, conçu autour des chansons de son dernier album « En vérité », sorti en mai dernier, réalisé par Benjamin Biolay, et habillé d’un magnifique portrait en noir et blanc signé Peter Lindbergh. Un disque ayant rencontré un demi-succès au Québec comme en France, mais peu importe : Isabelle reste un monument de popularité et un rêve d’interprète pour tous les auteurs-composteurs…

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« Bonjour, je m’appelle Isabelle Boulay et j’ai 45 ans ». Ainsi la chanteuse choisit-elle d’attaquer son nouveau spectacle, de manière simple et frontale, jouant la carte de la sincérité et de la transparence, comme pour être raccord avec le titre de son dernier opus. « C’est un constat d’humilité, cette chanson. On a tous son intime conviction et sa définition de la vérité. Il y a des zones obscures en chacun et on finit toujours à un moment ou un autre par se mentir à soi-même » explique-t-elle au sujet de la chanson qui a donné son titre à l’album. Encore auréolée par le succès de son précédent opus et du spectacle qui s’en est suivi, dédié à Serge Reggiani, elle est reçue sous les applaudissements et sa côté d’amour est palpable dans la salle, auprès d’un public populaire qui a grandi avec elle, et finit même par compter autant de jeunes (ceux qui l’ont suivie comme coach dans « La voix ») que de seniors, fans de la première heure… Peu d’artistes peuvent se vanter de rassembler un tel spectre générationnel. En guise de salut et de remerciements, elle feinte de les serrer dans les bras à plusieurs reprises dans un joli mouvement plein de  tendresse…

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Lucide et consciente de sa double culture, elle a l’intelligence de proposer un spectacle à deux visages, comme les deux faces d’un disque vinyle : d’un côté, de nouvelles chansons élégantes signées Biolay (« Toi moi nous », « Mon amour (la supplique) »), Didier Golemanas (« En vérité », « La route avec lui »), ou Louise Verneuil, ex candidate de The Voice (« Voir la mer »), sans oublier Carla Bruni dont on entend la voix si reconnaissable sur le message téléphonique qu’elle lui aurait envoyé en lui proposant la chanson (« Un garçon triste », sur une musique de Julien Clerc), laissant son public québécois un peu tiède, en tout cas silencieux et attentif. On s’étonne à ce sujet de l’absence du premier extrait en France de l’album, l’excellent « Un souvenir » signé de La Grande Sophie. De l’autre, des chansons signées par des artistes locaux Alex Nevsky (« Le train d’après ») et Coeur de Pirate (« Nashville »), aux sonorités davantage nord-américaines et rencontrant sans conteste un impact beaucoup plus palpable, au point qu’on sent une vive envie de se lever danser dans les rangs. Il faut dire qu’Isabelle est littéralement portée un groupe de musiciens à l’énergie communicative, au sein duquel se distingue notamment l’excellent batteur Justin Allard. Au final, c’est surtout sur ses tubes « Je t’oublierai, je t’oublierai », et « Parle-moi » que les applaudissements crèvent le plafond : deux hits redoutables et intemporels, il faut bien l’avouer…

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Sobrement habillée de noir, même si elle multiplie les changements de costumes à vue (trois au total, enfilés pendant des instrumentaux à la façon d’une grande professionnelle du spectacle), elle joue la modestie non feinte en rappelant les originaires ouvrières de ses parents tenant un bar restaurant en Gaspésie pendant sa petite enfance. « Je suis une ouvrière de la chanson », aime-t-elle à répéter, pour preuve de la valeur qu’elle attache au travail : une philosophie qui l’a conduite à reprendre avec beaucoup de conviction, « Les mains d’or » de Bernard Lavilliers. Une belle idée ! Au rayon des reprises, elle s’offre aussi « Seras-tu là » de Michel Berger (histoire de rappeler au passage qu’elle a démarré sa carrière en France dans le rôle de la Marie-Jeanne de « Starmania »), « Still Loving You » de Scorpions, attestant de sa capacité à tout pouvoir chanter avec la même puissance, ou encore le très sentimental « Une Storia d’Amore », du rappeur italien Jovanotti, conseillé par Benjamin Biolay… Là encore, elle s’en tire avec brio. Au passage, Isabelle, glisse que son fiancé est mi-français, mi-italien… Apparemment, à en entendre certains chuchotements et commentaires surpris dans le public, quelques spectateurs ont loupé un épisode de sa vie amoureuse.  C’est dire si la chanteuse est pudique et discrète sur sa vie privée, et c’est tout à son honneur…

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Et bien entendu, difficile désormais de clôturer un tour de chant, sans reprendre des titres du grand Serge Reggiani dont le répertoire pourtant si masculin colle désormais à la peau diaphane de la belle Isabelle : ce sont « Ma fille » et « Si tu me paies un verre », qu’elle choisit d’offrir à son public montréalais ce soir-là, en grande chanteuse de « variété » assumée – au sens noble du terme – qu’elle est depuis maintenant 25 ans…

Eric Chemouny

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crédit photos : Victor Diaz-Lamiche (DR / Spectra).

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