FRANCE GALL :

« Ma déclaration », par Olivier Coulon.


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L’annonce de la disparition de France Gall le dimanche 7 janvier dernier aura soulevé une forte vague d’émotion chez les Français, toutes générations confondues, tant les chansons de l’ex yéyé girl métamorphosée en moderne pop-star sont ancrées dans la mémoire collective depuis 50 ans.

Depuis, une pluie d’hommages a salué une artiste à la carrière exemplaire, ayant su tracer son itinéraire avec un bon goût rare et une liberté totale, au rythme de ses envies et de ses rencontres artistiques et humaines, sans jamais faire de concessions. Sans oublier de célébrer la femme de combats, meurtrie par la vie et une série noire de drames personnels dont elle s’est relevée pour mieux donner, encore et toujours aux autres, à ceux qui n’ont rien, notamment en Afrique où elle avait trouvé un refuge et la paix de l’âme…

On aura aussi beaucoup évoqué les hommes de sa vie, de Claude François (qui écrit pour elle « Comme d’habitude »)  à Julien Clerc (qui lui dédia « Souffrir pour toi n’est pas souffrir »), ou de ses Pygmalions, de Serge Gainsbourg à Michel Berger, auteur-compositeur de ses principaux succès et père de ses deux enfants.

Mais s’en tenir à ce rôle de poupée de cire et de son qu’elle a si bien chantée avec toute la candeur de ses 18 ans, ne serait pas rendre justice à la chanteuse et à l’artiste complète qu’elle était : animée d’un sens du rythme et de la danse incomparables, dotée d’une voix très personnelle et d’une grande justesse, le tout servi avec un sourire lumineux et une fraicheur à toute épreuve, France Gall incarnait la parfaite chanteuse Pop de ces années insouciantes, une interprète et une femme de scène, inspirée et inspirante.

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Autant de qualités que notre talentueux ami et collaborateur Olivier Coulon a su restituer, mieux que quiconque, dans la collection de splendides portraits qu’il a consacrés à la blonde France et dont il a offert JSM un florilège, en guise d’hommage à celle qu’il a tant aimée et ne cessera d’aimer.

En bonus, il nous a livré avec beaucoup d’émotion et un immense respect quelques souvenirs exclusifs de ses rencontres sporadiques avec la chanteuse disparue : quelques mots sincères et forts qui valent toutes les déclarations d’amour…

(E.C)

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« C’était un soir en novembre 1993, après un spectacle en Province, que France nous a reçus dans sa loge mon frère, Marc-Antoine, et moi.

Quelques mois auparavant, nous étions allés l’applaudir pour la première fois à Bercy. Grisés par l’ambiance de ce soir de première, nous nous surprenons à courir derrière sa voiture, qui quittait le parking du palais omnisport. C’est alors que, saluant joyeusement la foule bon enfant qui se pressait aux abords du véhicule, le regard de France croise le nôtre et nous échangeons des signes de main frénétiques. Nos 19 ans ne s’en sont pas remis.

Dans l’inconscience de notre adolescence, nous réalisons une bande dessinée que nous lui envoyons à l’adresse de sa maison de disque, pour lui exprimer l’émotion de ce regard croisé.

Quelle ne fut pas notre surprise quelques mois plus tard de la voir sortir cette même bande dessinée de son portefeuille.

« Vous avez tapé dans le mille » nous dit-elle alors, splendide dans son gilet vert pomme, plus glamour que jamais fraichement recoiffée et remaquillée. Et d’ajouter « je l’emmène partout, elle ne me quitte pas ». Si je n’ai que des souvenirs brumeux du reste de la conversation, je me souviens en revanche que France s’est d’abord montrée peu enthousiaste à l’idée d’une photo souvenir avec une lumière disponible trop faible. C’est mon frère qui a eu la bonne idée de lui dire que cette photo, elle ne la verrait plus jamais alors que nous, elle nous accompagnerait toute notre vie… Convaincue et d’excellente humeur, France prend immédiatement la direction de la séance et accepte plusieurs photos à la condition qu’elles soient prises dans le reflet du miroir.

Je me souviens du « bonjour les garçons » qu’elle nous lançait à chaque nouvelle rencontre, des mots d’amour échangés aux sorties des salles de spectacles, sur les plateaux de télévision, de cette conversation incroyable sur ses chansons de Serge Gainsbourg dans les studios de télévision de la porte de la Chapelle à l’occasion de son tout dernier spectacle…

On me l’avait décrite distante et diva ; je ne l’ai connue que disponible, délicieuse, drôle et souriante.

Et c’est l’image que je tiens à garder d’elle. A jamais ».

Olivier Coulon

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illustrations de Olivier Coulon (D.R.)

JE SUIS MUSIQUE remercie très chaleureusement Olivier Coulon pour ses illustrations et le texte qu’il nous a offert en hommage à France Gall.

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Une chanson parmi tellement d’autres… évidemment…

 

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