MAISSIAT :

Mes amis, mes amours…


Alors qu’elle sera le 30 novembre prochain à la Maison de la Poésie à Paris, en formule « Triorama » avec Delphine Depardieu et son guitariste Julien Ribeill, pour « Bonjour Sagan ! », une lecture musicale autour de l’univers de la romancière, Amandine Maissiat donnait le 8 novembre au 104, le dernier concert parisien de sa tournée « Grand amour », du nom de son splendide deuxième album.

Pour l’occasion, elle avait réuni l’essentiel de ses amis chanteurs et musiciens… JSM ne pouvait pas manquer ce rendez-vous avec celle que chacun s’accorde à reconnaître comme la plus digne héritière de Françoise Hardy. A commencer par la grande dame de la chanson elle-même, qui ne tarit pas d’éloges sur la jeune artiste…

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C’est, comme à son habitude, avec une grâce infinie, toute vêtue de blanc et coiffée d’un chapeau de paille, que la longiligne Maissiat fait son entrée en scène : elle se lance sur le délicat «Bilitis», avant d’enchainer rapidement avec le très intense et entêtant « Avril », puis « La traque », « Tropiques » (du nom de son premier opus), le plus rythmique et détonnant « Swing Sahara », et le duo virtuel « Je reviendrai », sublime chanson toute en échos et jeux de miroirs. De quoi déjà ravir les très nombreux aficionados de l’artiste si singulière, parmi lesquels on repère dans la salle la discrète chanteuse Isabelle Mayereau…

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Vient ensuite le temps des premiers invités : Amandine a eu l’élégance de leur proposer de chanter un titre de leur propre répertoire ! C’est plutôt classe et on n’en attendait pas moins de la chanteuse. Alex Beaupain ouvre le feu avec le malicieux « Après moi le déluge », le temps d’une rencontre furtive entre deux artistes dont l’évidence d’une certaine consanguinité saute aux yeux.

C’est ensuite avec un immense respect qu’elle invite Clarika, sur « Je ne te dirai pas », extrait de son splendide dernier opus, « De quoi faire battre mon coeur », tout entier dédié au thème de la rupture amoureuse. S’il est rare de voir deux chanteuses en duo, dans une telle osmose, Maissiat explique combien cette dernière chanson évoque de correspondances avec sa propre inspiration et son univers : un façon habile d’introduire « Grand huit », également dédiée à ce thème universel.

Alternant habilement des piano-voix et des chansons plus arrangées sur l’ensemble de ce spectacle ultra-rodé et maitrisé, elle enchaine avec fluidité «Trésor » (un des succès issus de son premier album), « Jaguar », la lecture de « Cet amour » (de Jacques Prévert), la reprise d’un bijou de Bashung, « Aucun express » qu’elle approprie avec majesté, « Hypnos » avant de recevoir sur scène le sombre et vibrant Babx sur « Iris » : un moment rare et magique, sans doute un des plus forts temps du concert.

Plus aérien est le duo suivant, avec la troublante Laura Cahen, dont Maissiat avoue qu’elle est littéralement tombée amoureuse de la voix et de l’interprétation escarpée, comparable à celle d’une Camélia Jordana. Après quelques soucis techniques vite oubliés, les deux chanteuses accordent leurs chants complémentaires sur « La femme du vent », empruntée à la grande Anne Sylvestre, qui vient de fêter dignement 60 ans de chansons. Un grand frisson mélancolique envahit le 104…

Le temps d’un nouveau solo, « La beauté du geste », un des titres phares de « Grand amour », et Maissiat reçoit sur scène La Grande Sophie, toute en sourire et en énergie communicative. Le public jusqu’ici concentré et attentif, se voit secoué d’un souffle inattendu sur le tube « Ne m’oublie pas ». Une ovation attend les deux chanteuses qui irradient de bonheur.

Puis retour au piano pour Amandine, le temps d’un trio magique, suspendu dans le temps et l’espace, avec Maud Lûbeck et Armelle Pioline.

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Le dernier invité est de taille, puisqu’il s’agit de Jipé Nataf, ex Innocents, sur « Ce bleu sentimental », accueilli comme il se doit par un parterre de connaisseurs de la chanson de qualité, élégante et finement ciselée.

Si le bien-nommé « Le départ » fait office de fausse-sortie, la chanteuse revient sur scène sur « Grand amour », avant de recevoir l’ensemble de ses invités et musiciens, le temps d’un très joyeux salut final.

Encore sous le charme d’une artiste unique et envoûtante, on n’attend désormais plus qu’une chose : le troisième chapitre du roman musical que la douce Maissiat a commencé en 2013 avec le sublime « Tropiques »…

Eric Chemouny

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crédit photos: Eric Chemouny (D.R / JSM) // @I_am_Gregg (D.R / JSM)

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