CALYPSO VALOIS :

la Pop dans le sang…


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C’est la It Girl du moment, celle que s’arrachent toute la presse féminine et les magazines de mode les plus pointus !

Pourtant Calypso Valois, 30 ans, n’est pas véritablement une inconnue dans le petit monde de la Pop à la française, puisqu’elle est n’autre que la fille d’Elli et Jacno ( Denis Juilliard, de son vrai nom, décédé en 2009 à seulement 52 ans), duo Pop emblématique des années 80, après avoir été pionniers du Punk à la française au sein des Stinky Toys. Mieux encore, les plus âgés d’entre nous se rappelleront qu’enfant déjà, sa Pop model de maman en faisait la baby star de son tube « A Bailar Calypso » (1987), et qu’elle a même fait une apparition dans le clip de « Toi mon toit » (1986) …

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Au-delà de ce bel héritage Pop, c’est à elle seule qu’elle doit la réussite de ce premier opus, « Cannibale », encensé de toutes parts : aujourd’hui auteure compositrice interprète, elle s’est d’abord forgé une solide culture musicale, en piochant dans la discothèque familiale forcément bien fournie (Chopin, Gainsbourg, Marvin Gaye, le Velvet Underground…), avant de prendre des leçons de piano, plus ou moins sous la contrainte de papa-maman. Pour autant, elle se montre d’abord plus attirée par d’autres formes d’expression artistique : la peinture (Delacroix, Caravage…), la littérature à laquelle elle s’initie grâce à une grand-mère qui lui transmet l’amour des belles lettres et des jolies histoires (Stendhal, Flaubert, Balzac, Maupassant, Dostoievski…). C’est d’ailleurs par amour des beaux textes, qu’elle s’oriente d’abord vers le métier de comédienne, en s’inscrivant dans des cours de théâtre. Elle se voit ensuite rapidement offrir des rôles dans des films dits d’auteurs, réalisés par Olivier Assayas, un ami de la famille (« Après mai », « Personal Shopper »), Catherine Corsini (« La belle saison ») et Michel Gondry (« L’écume des jours »). Plus récemment, par Ralph Fiennes qui, séduit par son physique singulier et son regard étrange, vient de lui confier le rôle de Claire Motte, danseuse étoile, dans « The White Crow », d’après la vie de Rudolf Noureev.

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En parallèle, sa gourmandise et son envie de tenter toutes sortes d’expériences la conduisent à former avec le compositeur, joueur de synthés, Alexandre Chatelard le groupe Cinéma. A son contact, elle se libère de ses complexes et s’ouvre à la composition, soutenue par son parrain de choix et accessoirement éditeur musical, Etienne Daho. Un juste retour des choses en somme, quand on se rappelle que son papa Jacno avait produit l’album « Mythomane » du jeune ED. On connait l’intransigeance du roi de la Pop française : c’est donc autant par intime conviction que par affection pour sa filleule qu’il l’encourage dans cette voie. Au point d’abord de chanter en duo avec elle, le fameux tube de Lio, «Amoureux solitaire », sur l’album collectif hommage, « Jacno Future » (2011). Au terme de plusieurs singles un peu passés inaperçus et d’un album auto-produit au sein de Cinéma, elle décide de se lancer dans une carrière solo, dévorée par une soif de développer un univers Pop qui ne faisait que s’affirmer au fil de ses compositions et des mots qui filaient sous ses doigts. « Je ne peux pas faire de compromis, ce n’est pas acceptable dans l’art » déclare-t-elle, comme pour mieux justifier ses choix plus que clairs et radicaux.

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Dans cette nouvelle aventure sous son musical prénom, c’est en la personne du producteur franco-américain Yan Wagner, qu’elle a trouvé son alter ego. Ensemble, ils vont concocter un univers hyper sensuel et planant, servi par des compositions ambitieuses sous une apparente légèreté, et des textes faussement candides. Au fil des 11 titres fort aboutis, de « Cannibales » à « tes mots » ou « Amoureuse », entre insolence et fragilité dans la voix, on devine en filigranes son affection toute particulière pour les mélodies primesautières et les ambiances troubles, tout autant que l’influence de musiques de films légendaires. Enfin, le synthétique « Méchante fille (gentil garçon) » ne peut que s’écouter comme un hommage au fameux « rectangle »  et autres succès minimalistes de ses illustres parents. Le tout est dicté par une exigence manifeste que la chanteuse à l’interprétation cristalline accompagne de la volonté de contrôler l’habillage visuel de tout ce qu’elle produit. Pour preuve, le clip du premier extrait «Le jour » a été confié au cinéaste Christophe Honoré, et la pochette très graphique et ultra poétique de ce «Cannibale », à Antoine Carlier.

La suite reste à écrire, mais si on ajoute, que la belle sauvageonne se réclame volontiers de Barbara, de Marie Laforêt, de Brigitte Fontaine, ou de Françoise Hardy, on se dit Calypso Valois est définitivement Musique, et qu’on ne devrait pas tarder à la revoir dans nos colonnes…

Eric Chemouny

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crédit photos : couleurs: Antoine Carlier (D.R / Pias) / portrait noir & blanc : Christophe Decarnin (D.R. / Pias)

 

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