BARBARA :

d’un piano à l’autre…



B1

A moins de vivre sur la planète Mars, il ne vous aura pas échappé que Barbara est partout cet automne : amorcées par l’album de reprises de Patrick Bruel l’an dernier, suivi cette année de celui de Gérard Depardieu, son ex partenaire dans « Lily Passion », du film impressionniste de Mathieu Amalric, tout en jeux de miroirs, avec Jeanne Balibar dans le rôle titre, incroyable et troublant double de la dame en noir, ou encore de l’album « Elles et Barbara », réunissant avec plus ou moins de bonheur Zazie, Jeanne Cherhal, Julie Fuchs, Dani, Angelique Kidjo, Nolwenn Leroy, Louane, Daphné, Olivia Ruiz, Virginie Ledoyen, Juliette Armanet, Elodie Frégé et Melody Gardot, sans compter la très complète exposition actuellement à la Philharmonie de Paris, les célébrations du 20ème anniversaire de la disparition de la chanteuse sont innombrables…

Barabara Philarmonie

LilyPassion_Studio_visuelCôté rééditions, Philips Mercury Universal, sa maison de disques historique n’est pas en reste, avec la sortie en CD et Vinyle de « Lily Passion », en version enregistrement studio d’octobre 1985. Une surprise de taille pour les fans de la chanteuse, car la rumeur courait depuis longtemps qu’il existait un enregistrement studio de ce spectacle hors-normes, face à face magistral entre la chanteuse Lily-Barbara et un assassin David-Depardieu, relevant de la comédie musicale, du récital et du théâtre. Enregistré au studio Artistic Palace, cet album enfin disponible compte les chansons du spectacle, écrites avec Luc Plamondon, et réunit les pointures de studio, Gérard Daguerre, Jannick Top, Marc Chanterau et Richard Galliano à l’accordéon. Ne manque à l’appel que son complice de toujours, Roland Romanelli, avec lequel la rupture est tout juste consommée, pour cause justement de désaccords sur le projet. Son ami William Sheller également pressenti pour les arrangements sera finalement hors course. On connait la suite : Barbara et Depardieu sont acclamés tous les soirs du 21 janvier au 19 février 1986, sur la scène du Zénith à Paris, avant de promener le spectacle en tournée internationale. Il sera même filmé, en vue d’une projection en salles. Mais des problèmes de gestion aléatoire de production le freinent dans son rayonnement, et la longue dame brune préfère tourner la page après ce demi-succès inhabituel pour elle, suspendant à la fois la sortie du film et celle de l’album studio. Un album Live sera longtemps la seule trace de ce spectacle mythique…

BARBARA_INTGR_recto

Une surprise pouvant en cacher une autre, la maison de disques publie « Comme un soleil noir », nouvelle intégrale, comptant plus de 390 titres, 48 pages de livret très richement illustrées de photos rares, tous ses enregistrements originaux en 10 CD, ses grands concerts Live en 7 CD, dont l’inédit « Au théâtre des Capucines » (1963), le tout augmenté de documents sonores rares ou inédits : « Lettres à un jeune poète » de Rainer Maria Rilke, « Barbara en liberté sur Europe 1 » (21 titres rares), « Barbara présente Le Soleil Noir » (interview inédite de Jean Serge en 1968), et 50 titres en versions alternatives ou inédites réunis sur deux autres CD. Bref, un travail d’orfèvre à la hauteur du répertoire d’une artiste à ce jour inégalée.

 

AATBEnfin, c’est du monde très fermé du Classique qu’est venu le dernier hommage discographique, en la personne d’Alexandre Tharaud, pianiste et concertiste star. Fan depuis son adolescence, il s’était promis de concrétiser ce rêve qui lui aura pris 20 ans. On comprend aisément à l’écoute de ses mélodies d’une grande virtuosité et d’une subtilité complexe, que le pianiste en herbe de l’époque, ne pouvait qu’être sensible à celle qui faisait corps avec son instrument fétiche.

Présent aux obsèques de la chanteuse, le 27 novembre 1997, il se rappelle encore ému, la chorale improvisée ce jour-là, autour de son cercueil et de l’intensité de ce moment qui l’a marqué à jamais : « Quelle beauté cette chorale improvisée, avec ses fausses notes, maladroites. Barbara était là, plus que jamais, elle s’installait en nos voix. Ce jour-là, j’ai eu la conviction qu’il fallait enregistrer notre chant. la genèse de cet album est née ainsi, il y a 20 ans. Ce ne seront finalement pas les voix de fans anonymes, mais celles d’un groupe d’amis autour d’un piano, instrument essentiel à Barbara… ».

Sa patience est doublement récompensée aujourd’hui : d’abord sous la forme d’un spectacle évocation, « Vaille que vivre », basé sur les textes de chansons et le journal inachevé de Barbara, joué avec l’actrice Juliette Binoche à la Philharmonie en octobre, et appelé à tourner en France et à l’Etranger.

Egalement avec la sortie d’un double CD, sur lequel le pianiste met tout son talent au service des grandes mélodies plus ou moins connues de Barbara, accompagné d’artistes chanteurs ou comédiens venus d’horizons divers : parmi les réussites de cet album, signalons les splendides reprises de Dominique A (« Cet enfant-là »), Camélia Jordana (« Septembre »), Juliette (« Mes hommes »), Vanessa Paradis (« Du bout des lèvres »), Tim Dup (« Pierre »), Jane Birkin (« Là-bas »), Albin de la Simone (« C’est trop tard »), Radio Elvis (« A mourir pour mourir »), Juliette Binoche (récitant « Vienne »), et bien sûr, du complice du dernier album studio de Barbara, Jean-Louis Aubert (« Vivant poème »). Plus contestables, sont les versions de Guillaume Gallienne (beaucoup trop poussif et maniéré sur « Les amis de Monsieur »), ou de Luz Casal (laborieuse sur « Attendez que ma joie revienne »).

 

Un deuxième CD plus instrumental « Echo », avec Michel Portal, Roland Romanelli, et le Quatuor Modigliani vient compléter ce Tribute élégant et ambitieux : « Dans le disque Echo, on retrouve les mots sans les musiques, les musiques sans les mots. Ma plus belle histoire d’amour, Le bel âge, ou encore Nantes, résonnent ainsi dans une forme de nudité. Un disque à écouter le soir tard, tel après un concert, quand les émotions vécues nous reviennent au coeur » recommande Alexandre Tharaud. On le suit, les yeux fermés.

Eric Chemouny

AT2AT4

_

Illustrations originales: Olivier Coulon (D.R)

crédit photos: D.R (Erato / Warner Classics) ; Photo affiche de la Philarmonie: Just Jaeckin (D.R)

JSM remercie infiniment Olivier Coulon de noue avoir offert ses oeuvres de Barbara.

 

Une réponse sur «  »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s